Jusqu'en 2007, l'imprimerie, créée en 1970 par Henri Papazian, a connu un développement régulier qui l'a amenée à se positionner sur un marché national, notamment dans le secteur de la grande distribution. «C'est en 1988 que nous avons déménagé de Marignane à Velaux, où nous disposons aujourd'hui de 10.000m² de surface d'exploitation sur 1,5ha de terrain. À l'époque, il n'existait pas de rotativiste offset dans les Bouches-du-Rhône», rappelle Henri Papazian. «Nous avons renouvelé notre parc de machines au début des années 2000. C'était un pari énorme, dans lequel nous avons investi près de 30M€». L'entreprise s'est ainsi dotée de deux rotatives 16 pages, d'une rotative 24 pages et d'une rotative 48 pages. «Nous sommes spécialisés dans la réalisation de brochures, de catalogues et de magazines. Nous travaillons à près de 50% pour la grande distribution, pour 20% pour les grandes administrations (conseils généraux, conseils régionaux...), pour près de 30% pour le secteur de l'édition, pour lequel nous réalisons une cinquantaine de magazines (Cheval, pêche, motos...) et pour 10% de travaux divers». Seuls 30% de l'activité est réalisée en région Paca. «Nous ne sommes pas concurrents des autres imprimeurs locaux. Jusque-là, notre concurrence était essentiellement parisienne. Avec la crise, elle devient italienne et espagnole».
«Les prix ont chuté de 30%»
Car la crise touche aujourd'hui le secteur de l'édition. «En deux ans, les prix ont chuté de près de 30% sur le print. Les éditeurs diminuent clairement leurs volumes. Si la grande distribution maintient son nombre de commandes, en revanche, les formats se réduisent, ainsi que le grammage du papier. L'imprimé existera toujours, mais il va y avoir un glissement de la demande. Actuellement, il est très difficile d'avoir une réelle visibilité du marché à moyen terme». Rockson va bientôt recevoir une nouvelle rotative 48 pages pour remplacer l'ancienne, détruite dans un incendie en 2007. «Les assurances nous ont remboursés et avec un petit investissement, nous avons une machine très performante, mais, en revanche, notre projet de déménagement sur la commune de Velaux, pour lequel nous avons signé un compromis et déposé un permis de construire, est actuellement gelé. Je suis un entrepreneur, j'attends un signe fort de reprise. Actuellement, sans aide substantielle, je ne ferai pas ce projet qui me permettrait pourtant de passer à une phase plus industrielle. Avec une usine de 12.000m², automatisée, je pourais doubler la production et me mettre au niveau des Espagnols et des Italiens», conclut-il.
L'imprimerie Rockson, installée à Velaux depuis près de vingt ans, mise aujour-d'hui sur la prudence pour traverser la crise qui frappe son secteur.