Comparés aux 184.680m² loués ou vendus dans la métropole lilloise en 2010, les 130.816m² transactés l'an passé représentent une forte baisse de 30%. Ce qui n'inquiète pas forcément les acteurs du marché car ce volume est similaire à 2008 et 2009 et l'année 2010 était exceptionnelle. Lille se classe à la troisième place nationale des volumes traités, derrière Lyon (+14%) et Toulouse (+10%).
Lille: «net repli» de 30%
Le «net repli» lillois avoisine celui de Marseille (-26%), selon une étude de BNP Paribas Real Estate. En cause: «l'absence de grandes transactions et le retrait du secteur public en 2011». Il y a «un manque évident de grandes transactions supérieures à 2.000m²», selon le cabinet Tostain & Laffineur qui parle volontiers d'une période d'attentisme.
Déficit de 52.091m²
Dans la métropole lilloise, 2011 n'a enregistré que 27transactions de plus de 1.000 m², contre 40 en 2010, soit un déficit de 52.091m². «Les autres segments de surfaces (entre 300 et 900m²) qui regroupent essentiellement les PME régionales, affichent un volume quasiment identique à 2010», analyse l'expert Hugues Laffineur optimiste pour 2012. Les PME confirment d'ailleurs leur intérêt à l'acquisition, notamment sur des immeubles de seconde main: 73% de la demande placée à l'acquisition (16.847m²). Pour trouver du neuf, mieux vaut aller sur les pôles d'excellence lillois: Euralille, Eurasanté, EuraTechnologies, l'Union... Sur un an, la demande placée en neuf est estimée à environ 50.000 m². «Il faudrait donc idéalement environ 100.000m² de stock neuf disponible ou en construction sur la métropole lilloise, alors que nous ne disposons que de 66.000m².» La métropole lilloise continue incontestablement à attirer les investisseurs. On assiste à une nouvelle tendance. La tendance des investisseurs privés est au rachat d'immeubles de seconde main délaissés par l'institutionnel qui n'acquiert plus que des immeubles "prime" certifiés BBC. Le but du privé est la rénovation dans une optique environnementale ou de la réaffectation en logements.
«Entrée dans un cycle»
Les loyers, eux, sont relativement stables et placent très bien Lille (200€/m²) face à Lyon (285€), Marseille (250€), ou Toulouse (210€). En terme logistique, la pénurie se fait également sentir. Avec une récente signature de 22.000m² à Houplines (Fabry Logistics), conséquente en terme de surfaces, Antoine Tostain prévient que «notre région entre désormais dans un cycle de pénurie d'entrepôts aux normes».
Seulement 32.000m² d'entrepôts disponibles
L'étude de marché annuelle de son cabinet fait ressortir seulement 32.000m² d'entrepôts de dernière génération immédiatement disponibles dans un rayon de 40km autour de Lille, pour une demande placée minimale de 100.000m² par an. «Le temps est donc venu de redémarrer de nouvelles mises en chantier», avertit le cabinet de Villeneuve-d'Ascq.
Géry Bertrande
Les acteurs régionaux de l'immobilier professionnel considèrent que le marché reste actif, malgré un recul de la demande placée en métropole lilloise et peu d'offres.