Un tiers. Très exactement 34%. C'est la hausse des transactions en immobilier de bureaux enregistrée en 2010 dans les Bouches-du-Rhône par BNP Paribas Real Estate. Une véritable performance pour un secteur qui avait subi de plein fouet les effets de la crise en2008 et2009. «Après la descente aux enfers du marché, nous nous réjouissons de cette nette reprise, confirme Pascal Schori, directeur régional Paca du géant de la commercialisation immobilière. Nous avons d'ailleurs enregistré le meilleur niveau de demande depuis 2000, avec une hausse de 5% l'année dernière. Mais cette tendance haussière s'analyse en deux temps: le premier semestre a été très dynamique, tandis qu'au cours de la seconde partie de l'année, la demande a fondu». Un phénomène qui s'explique par l'importance de la demande publique et parapublique qui n'a pas forcément été relayée par le secteur privé. Pour Pascal Schori, les caractéristiques cycliques de cette demande pourraient avoir des effets négatifs cette année: «C'est un peu inquiétant, car cette baisse pourrait déboucher sur un premier semestre 2011 insatisfaisant en matière de transactions». Mais au-delà des cycles de demande, c'est une réelle résorption de l'offre disponible à un an qu'a vécu le marché tertiaire local. «Elle a régressé d'environ 9% par rapport à fin 2009, constate Pascal Schori. Le neuf a été ?épongé?. Les stocks disponibles représentent désormais seulement vingt mois de commercialisation». Mais là aussi, une menace se profile. Celle d'une possible pénurie de l'offre neuve et d'une hausse trop importante de l'offre de seconde main, qui a progressé de 40% par rapport à fin 2007.
«Risque d'asphyxie»
Le commercialisateur DTZ, lui, anticipe ainsi «un risque d'asphyxie à court terme par manque d'offres neuves», avant de préciser que le marché «devra s'accommoder de cette situation jusqu'en 2014, date à laquelle l'offre neuve fera son retour sur Euroméditerranée». Pascal Schori, de son côté, est plus optimiste, en analysant l'ensemble du marché local. «Il y aura en effet un vrai ?gap? cette année, mais le marché devrait se réalimenter dès 2012. En revanche, un autre risque se présente: celui de subir une abondance de biens neufs en 2014. Il faudrait parvenir à réguler ce marché...» Côté loyers, les niveaux se sont globalement stabilisés l'année dernière. Une conséquence indirecte de la crise.
Bureaux Après deux années fortement impactées par la crise économique, le marché départemental de l'immobilier d'entreprise s'est redressé en 2010.