En 2015, l'économie alsacienne n'a pas réussi à échapper à la morosité générale, si ce n'est le nombre de défaillances d'entreprises en léger recul. Ces tendances économiques se traduisent avec des degrés différents sur le marché de l'immobilier de bureaux en Alsace.
Strasbourg en milieu de classement Selon Yves Noblet, directeur régional associé de BNP Paribas Real Estate, « le marché global des bureaux de l'Eurométropole strasbourgeoise s'élève à 57.000 m² placés, en baisse de 6 % par apport à 2014. Sur cinq ans, il s'agit en revanche d'une hausse de 5 %. Ce résultat annuel s'inscrit à l'inverse de Lyon (+12 %), Aix-Marseille (+22 %), Bordeaux (+19 %), Nantes (+22 %) ». À l'échelle des transactions dans les villes européennes en 2015, Strasbourg décroche une petite 24e place avec ses 57.000m², prise en sandwich entre Glasgow (75.000 m²) et Nice Sophia-Antipolis (53.000 m²). Au niveau régional, Ile-de-France exclue, toujours selon BNP Paribas Real Estate, Strasbourg occupe ainsi la 10e place des transactions en régions en 2015, et Mulhouse le 20e rang avec 21.000 m² placés, en stabilité par rapport à l'année précédente.
L'offre neuve de bureaux se fait rare
BNP Paribas Real Estate et Rive Gauche, membre indépendant du réseau CBRE, s'accordent à dire que sur l'offre globale immédiate à Strasbourg, située autour de 150.000 m², environ 80 % sont disponibles en offre de seconde main, aussi bien en centre-ville qu'en périphérie. Cette absence d'opportunité dans le neuf s'explique par le fait que les projets d'ampleur en cours dans l'Eurométropole, tels que le quartier d'affaires international au Wacken ou le projet des Deux Rives ne seront livrables que d'ici 2018. À Mulhouse, les chiffres diffèrent concernant l'offre disponible en bureaux. Ainsi, BNP Paribas Real Estate l'estime à 63.000 m², dont 54.000 m² en offre de seconde main, alors que le stock de bureaux disponibles à Mulhouse selon le cabinet Desaulles CBRE est estimé à 99.991 m². En revanche, la faiblesse des offres dans le neuf est confirmée par les deux structures. Florent Mirbey, consultant Haut-Rhin et Territoire de Belfort pour BNP Paribas Real Estate indique que « l'offre neuve est en baisse car les promoteurs restent prudents et ne s'engagent que sur des projets " en gris ", c'est-à-dire que la construction est lancée quand il existe un positionnement assuré d'un utilisateur pour l'immeuble ». De plus, les offres en progression sont situées en centre-ville grâce à la revalorisation des actifs comme la Maison Engelmann et la Zac de la gare. Enfin, pour 2016, des projets devraient venir compléter l'offre, notamment autour du Parc des Collines en développement.
Enfin, à Colmar, le cabinet Desaulles CBRE enregistre une hausse de 52 % de l'offre disponible en bureaux en raison d'un transfert d'activités de bureaux du centre-ville vers la zone industrielle Nord. Là encore, l'offre en bureaux neuf reste faible.
Lucie Dupin
Marché de l'immobilier d'affaires En 2015, les transactions réalisées sur le marché de l'immobilier de bureaux ne positionnent pas les métropoles alsaciennes parmi les villes françaises les plus généreuses en m² disponibles, particulièrement dans le neuf, en pénurie.