Immobilier de bureau : Une année record en temps de crise
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Immobilier de bureau : Une année record en temps de crise

Avec 71.785m² de volumes transactés d'immobilier de bureaux neufs en 2010, la métropole lilloise a connu une année record. Décryptage du marché lillois.

Après deux années de baisse en2008 et2009, on pouvait s'attendre à un léger mieux en 2010, l'offre étant relativement importante. Alors l'étonnement était bien présent lors de la présentation des chiffres de l'immobilier de bureau de l'an dernier.




Le neuf en force

Si on enlève les constructions en comptes propres, c'est bel et bien un record pour la métropole lilloise. 71.785m² pour le neuf, soit près du double de la moyenne enregistrée ces cinq dernières années, et 91.580m² pour les bâtiments de seconde main, soit un total de 163.365m² contre 146.160m² en 2007, autre année historique pour ce marché immobilier de bureaux lillois. Alors qu'est-ce qui explique cette montée en puissance des bureaux de la métropole lilloise?




L'effet public

«Je pense que l'offre est de qualité et qu'elle était suffisante pour répondre aux besoins des entreprises. Je pense qu'elles ont repris confiance aussi. Ensuite, il y a eu clairement l'effet structures publiques qui pèsent en 2010 21% des volumes transactés. Les entreprises comme Kiabi ou encore Adéo ont aussi porté le marché», confie Thierry Mabile de Poncheville, directeur de l'Agence pour la promotion internationale de Lille Métropole (Apim).




Un risque de sous-offre?

Il y a près de 65.953m² de surfaces disponibles ou livrables à trois mois et 4.923m²en construction. Alors si l'année 2011 ressemble comme deux gouttes d'eau à 2010, ne risque-t-on pas de passer d'un marché sur-offreur à un marché en sous-offre immobilière? Pour Thierry Mabile de Pocheville ainsi que pour le P-dg d'Arthur Loyd, «il n'y a théoriquement pas d'inquiétudes à avoir» car si on se réfère à une moyenne annuelle atteignant près de 40.000m² transactés dans le neuf, «nous avons un volume qui peut répondre à une demande de neuf durant plus d'un an et demi».




Négociations plus difficiles

Mais du coup au jeu de l'offre et de la demande, les locataires auront moins de latitude pour négocier leurs baux. «C'est certain que l'an dernier, le locataire avait plus le pouvoir que maintenant», note Thierry Mabille de Poncheville. En même temps, les prix lillois sont restés compétitifs et tendront à le rester. La pression des entreprises familiales sur les prix ou encore cette offre suffisante permettront une nouvelle fois une certaine stabilité. «C'est un marché sain pour les investisseurs. Il reste aussi attractif avec des prix compétitifs ne dépassant pas les 190€ par mètre carré sur Euralille», confirme Patrick Duez, directeur régional de CB Richard Ellis.




Lille et les parcs à la baguette

C'est bien Lille et les parcs d'excellence qui ont encore porté le marché. «La Haute-Borne et Euralille - Lille Gare ont représenté près de 50% des transactions, lance Benoît Tirot, directeur général d'Arthur Loyd Lille. L'offre neuve est aussi clairement privilégiée et on observe aussi un effet concentrique en terme de mouvement des entreprises. C'est-à-dire qu'elles restent non loin d'où elles sont déjà installées.»




Le blanc repart?

Pour 2011, LMCU compte bien accompagner les investisseurs pour donner des opportunités immobilières aux dirigeants de TPE et aux artisans. «Pour ce faire nous dégageons une enveloppe de 10M€ pour permettre de faire émerger des projets immobiliers de locaux tertiaires de moins de 150m² plus risqués pour les investisseurs», confie Michel-François Delannoy, vice-président de LMCU, en charge du développement économique. Et Thierry Mabille de Poncheville de conclure: «En plus de cette opération on voit des bâtiments en blanc qui réapparaissent comme cette opération de 3.000à 4.000m² sur la Haute-Borne.»

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