Votre secteur entrevoie-il la fin d’une période noire?
Il est vrai que nos secteurs viennent de traverser une période très difficile. Même si notre département est relativement plus épargné que d’autres en Bretagne, avec les projets structurants de la deuxième ligne de métro et du palais des congrès de Rennes, nous avons perdu environ 1.500 emplois équivalent temps plein au cours des quatre dernières années. À comparer aux 60.000 salariés perdus au niveau national, 70.000 avec l’intérim.
Mais pour la première fois depuis des années, on retrouve un peu d’espoir puisqu’au niveau national, les autorisations de construire ont augmenté d’environ 4% ces trois derniers mois.
Au dernier salon de l’habitat ici, à Redon, en octobre, j’ai senti un retour d’appétence des particuliers pour des projets immobiliers.
Que manque-t-il pour relancer la machine?
Le gouvernement a annoncé cet été un plan de relance qui, combiné aux effets attendus de la loi de transition énergétique, peut nous donner un véritable bol d’oxygène. Mais il faut que les décrets d’application tombent rapidement. Le secteur du bâtiment est un grand navire : il lui faut six mois pour une relance effective. Or, nos entreprises ont actuellement de un à six mois de visibilité en termes de carnet de commandes. Il faut absolument que les mesures annoncées prennent le relais.
Ne craignez-vous pas que les coupes dans les dotations aux collectivités locales douchent les enthousiasmes?
C’est évidemment un sujet préoccupant d’autant que j’ai le sentiment qu’un fossé s’est creusé au fil du temps entre les élus et les entreprises, peut être parce que nous, chefs d’entreprise, n’avons plus le temps de nous investir dans la vie politique. Il faut absolument resserrer les liens et c’est la raison pour laquelle nous avons décidé, dans chacune de nos assemblées générales de pays, d’inviter des élus. Nous devons absolument leur expliquer les enjeux, leur faire comprendre que trop tirer les prix dans les appels d’offres peut être la porte ouverte au travail au noir ou à l’importation légale de main-d’œuvre étrangère à bas coûts sociaux. Dans leurs choix budgétaires, ils doivent aussi comprendre que rogner sur les investissements, c’est fragiliser tout l’écosystème local. Donc je n’hésite pas à reconnaître que nous sommes lancés dans une campagne de lobbying pour défendre nos entreprises.