Tout juste née il y a quelques mois, la start-up hyéroise
Mini green power est déjà sous les feux de la rampe. Lauréate du prix Var terre d'innovation du Conseil général, elle est en passe de lever plus d'un million d'euros pour lancer la fabrication du prototype de la première mini-centrale de cogénération. Son dirigeant fondateur, Jean Riondel, connaît bien le secteur de l'énergie. Ces 18 dernières années, il a travaillé avec les plus grands noms du secteur de part le monde et a participé à la réalisation d'installations toujours plus grandes. « À toujours faire plus haut et plus fort, j'ai pris conscience que notre société occidentale marchait sur la tête, que je participais à des réalisations qui allaient finalement à l'encontre des intérêts humains. Je me suis alors mis en tête de concevoir la plus petite centrale électrique au monde, sans hydrocarbure et au service de l'Homme », explique Jean Riondel. Avec le concours d'un chercheur israélien, il a conçu la mini-centrale verte, protégée par trois brevets. Il a embauché ses premiers salariés en 2014. « Avec mon associé Hubert Sabourin, ancien cadre dirigeant chez BP, nous avons recruté la fine fleur des cellules grises en France, mais aussi des personnes aux parcours atypiques ».
Objectif : lever 1,5 M€
Depuis un an, les deux associés défrichent le terrain, nouent des contacts et prennent conscience qu'ils répondent à un réel besoin. Alors, lorsqu'ils se lancent en quête d'investisseurs - « Objectif : lever 1,5 M€ » - très rapidement, potentiels futurs clients et investisseurs se bousculent. « Entre juin et décembre 2014, nous avons levé 425.000 €. Cette première enveloppe nous a permis de demander un prêt de 400.000 € auprès de la BPI, en cours d'instruction. Nous avons également convaincu des spécialistes du domaine, dont deux privés, qui seraient prêts à injecter ensemble 550.000 €. Enfin, nous avons contacté des business angels pour faire connaître notre projet », détaille Jean Riondel. Cette levée de fonds permettra de lancer la production des pièces et l'assemblage du premier prototype, dont la livraison est prévue pour le mois de juin.
Industriels, collectivités possédant de la biomasse
Les deux associés sont en bonne posture vis-à-vis de leurs futurs investisseurs, mais aussi de leurs futurs clients. « Nous sommes sur un marché où la demande est très forte ». Dérichebourg, une filiale du groupe Suez à Atlanta, le groupe Nicolllin à Montpellier, et d'autres, tous acteurs de la collecte et du recyclage des déchets, tous détenteurs de biomasse sont intéressés par cette nouvelle centrale, capable de valoriser leurs déchets verts sur place. Les collectivités constituent une autre cible de Mini green power, en particulier les petites communes et les syndicats mixtes qui gèrent directement leurs déchets, mais aussi les gestionnaires d'éco-quartiers. « Alors que les déchets verts coûtent aux collectivités, nous leur proposons désormais qu'ils leur rapportent de l'argent ». Mais alors comment ? La biomasse ainsi valorisée permet de produire de l'électricité et de la chaleur. Si le prix de marché de l'électricité reste faible, en revanche, la chaleur peut être utilisée de plusieurs façons. Chauffage de bâtiments ou piscines, séchage de boues de station d'épuration pour baisser leur coût d'évacuation... « Des pistes de recherche sont en cours de développement en partenariat avec le CEA de Cadarache ». Voilà pour le marché français, qui constituera à terme 30 % du chiffre d'affaires de l'entreprise. Les autres 70 % seront réalisés sur les marchés d'Amérique du Sud ou d'Afrique pour apporter l'énergie sur des sites isolés, des îles ou des régions encore coupées du monde. « D'autant que la chaleur produite par les mini-centrales peut aussi permettre de produire du froid ou de l'eau potable par exemple. Elle peut aussi couvrir les besoins en électricité de 3.000 personnes en Afrique».
25 M € de CA en 2021
Dans un premier temps, un premier prototype à bas rendement sans valorisation de la chaleur sera mis au point. La seconde phase prévoit la réalisation d'une mini-centrale verte avec valorisation de la chaleur. Dès 2016, Jean Riondel prévoit la vente de deux démonstrateurs avant de lancer la production en série en 2017. « Notre croissance sera progressive. Nous prévoyons 3 ventes en 2017, 8 l'année suivante, puis, 16, 32 et 50. D'ici à cinq ans, Mini green power réalisera 25 M€ de chiffre d'affaires, 5 M€ de résultat net et aura une usine d'assemblage à Hyères de 50 salariés ». Pour atteindre ces objectifs, les fondateurs ont misé sur un business modèle qui a fait ses preuves : chaque vente de mini-centrale générera ses services de maintenance et d'exploitation.
La start-up hyéroise Mini green power est en train de lever 1,5 M€ pour lancer la fabrication du prototype de la première mini-centrale verte. Elle s'adresse aux industriels, collectivités et producteurs d'électricité en France et dans le monde.