Hydrofluid : Reformaté pour percer le marché algérien
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Hydrofluid : Reformaté pour percer le marché algérien

L'enjeu Pour simplement espérer survivre, le spécialiste des centrales hydrauliques Hydrofluid part à la conquête de marchés à l'international, notamment en Algérie.

Les donneurs d'ordre d'Hydrofluid disparaissent peu à peu. Alors, face à des clients qui se concentrent, l'expert en hydraulique fait preuve de réflexes défensifs et offensifs. D'abord en consolidant les bilans financiers de ses trois sites de Lorient, Caudan et de Thouaré-sur-Loire (Loire-Atlantique). Mais aussi en visant les marchés russe, vietnamien et surtout algérien. Pour cela, le P-dg Jean-Michel Guillaume fait appel à l'indépendant Adel Oudjit, son représentant exclusif en Algérie. «Adel Oudjit a sa propre structure Adel Hydrofluid, une SARL de droit algérien, qui emploie trois personnes», explique Jean-Michel Guillaume. «Il effectue en Algérie une veille commerciale pour capter d'éventuels marchés.» Malgré des proximités géographiques et culturelles avec la France, le marché n'est pas si simple à percer. Même si le prix de la main-d'oeuvre locale est attractif. «Avec 800euros, on paye quasiment quelqu'un un mois en Algérie», constate Jean-Michel Guillaume. «C'est le coût journalier d'un de mes ingénieurs dépêché sur place pour un diagnostic dans une cimenterie de Lafarge.»




Implanter un bureau algérien

L'objectif d'Hydrofluid est d'implanter un bureau de l'autre côté de la Méditerranée. «Les marchés les plus importants, le gaz et le pétrole, y génèrent des investissements dans le ferroviaire et les travaux publics», remarque le dirigeant. «C'est là que nous intervenons. Mais nous n'arrivons pas en terrain conquis, il faut rester humbles.» Face aux Chinois, dont les investissements ont dopé la construction locale, la France aurait-elle de nouveau une carte à jouer? «Les Chinois ne sont plus les seuls à investir, des Égyptiens comme Orascom Constructions commencent aussi à être présents», relativise Adel Oudjit. Pour empêcher la fuite des capitaux vers la Chine, le gouvernement algérien a durci sa réglementation il y a deux ans. «Désormais, si vous ne créez pas une entreprise en droit algérien, qui paye localement des impôts et des taxes, vous ne pouvez pas échanger de devises», remarque Jean-Michel Guillaume.




«Condamnés à disparaître»

Hydrofluid veut faire plus qu'augmenter la part d'export dans son compte d'exploitation. Il compte devenir actionnaire de la nouvelle structure algérienne. Parce que «l'industrie en France est en péril», selon lui. «La grande majorité des matériels que nous construisons ne reste plus en France. Dans les années 70, nous avons vendu nos licences et nos usines, perdant dans le même temps en compétitivité. Certains de nos clients ont été rachetés par des consortiums américains, britanniques ou chinois. Ils n'ont gardé que les parties "nobles" telles que l'hydraulique. Le câblage, la fabrication des armoires électriques, le soudage ont été délocalisés. Dans notre secteur, nous arrivons encore à nous bagarrer mais depuis deux ans, les marges se sont écrasées et le nombre de clients s'est écroulé.» Hydrofluid en recense encore 2.000, dont DCNS, Thales, STX... «Nous sommes condamnés à disparaître», note le P-dg avant d'insister : «Il faut aller de l'avant, innover, prendre des risques, investir dans de nouveaux logiciels de calculs, dans des outils de dépollution...»

Hydrofluid



(Caudan) P-dg: Jean-Michel Guillaume Effectif: 48 personnes Chiffre d'affaires 2009: 6,8millions d'euros Tél.: 02 97 81 13 39.

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