Le Président de la République François Hollande évoque une reprise. Partagez-vous ce constat ?
La production industrielle est toujours inférieure en 2015 de 12 % par rapport au point haut de 2008 ! C'est beaucoup plus significatif que le frémissement de +0,4 % auquel on assiste. Le plus inquiétant, c'est le retard cumulé en matière d'investissements qui fait que notre appareil productif n'est pas en capacité de soutenir le redressement que nous attendons. Pour résumer, même si la croissance revenait, l'industrie aurait des difficultés...
Pourtant les investissements semblent repartir de l'avant ?
Après une progression de +1 % au dernier trimestre 2015, on a eu une hausse de +1,6 % début 2016. Visiblement, il se passe quelque chose sur les trois derniers mois. C'est la même chose avec les déclarations d'embauches de plus de un mois. On atteint au premier trimestre le chiffre de 1,9 million, soit le niveau le plus haut depuis 2011. D'ailleurs, en matière d'emploi, on a sans doute arrêté de détruire des emplois en 2015 après une période 2012-2014 très difficile. Mais de là à parler d'une dynamique positive, on en est encore loin !
À l'heure où les discussions s'enlisent à propos de la « Loi Travail », comment se positionne l'UIMM ?
Nous voulons contribuer à l'élaboration de la norme, veiller à ce qu'elle soit simple, claire et opérationnelle. Avec comme unique objectif le développement de l'emploi. Très concrètement, nous avons décidé il y a maintenant trois ans de remettre à plat l'intégralité du dispositif conventionnel qui datait de près de quarante ans. Ce grand projet de transformation est en marche et le 13 juin prochain nous tiendrons la dernière réunion sur l'accord sur la méthodologie. Les discussions démarreront ensuite soit fin juin, soit à la rentrée de septembre.
Le contexte actuel ne rend-il pas ces discussions avec les syndicats plus difficiles ?
À l'UIMM nous avons une tradition de dialogue social. Cela fait trois ans que nous discutons avec cinq organisations syndicales. Sur l'exemple des conventions collectives que je viens d'évoquer, nous avons obtenu d'ouvrir ce chantier nécessaire pour clarifier les classifications afin qu'elles correspondent davantage aux nouveaux métiers et aux nouvelles compétences, et cela pour les vingt ans qui viennent. Voilà une dynamique positive qui mériterait d'être dupliquée à tous les domaines du dialogue social !