Hôpital du Scorff : Pour 275 millions d'euros
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Hôpital du Scorff : Pour 275 millions d'euros

Équipement L'établissement hôspitalier historique de Bodéliau cède la place à un complexe neuf, l'hôpital du Scorff. Navire amiral des services publics lorientais, c'est aussi une entreprise avec obligation, sinon de résultats, du moins d'équilibres économiques.

Exit Bodéliau, place à l'Hôpital du Scorff. Les services logistiques et administratifs sont en train de prendre possession de ce nouveau complexe hospitalier à Lorient. 161 entreprises, comme Spie ou Eurovia, ont planché sur sa conception pendant sept ans. Avec 380 personnes en activité lors des phases majeures des travaux. Considéré comme le plus gros chantier de la Ville de Lorient depuis la guerre, il nécessitera au final un budget de 275millions d'euros, dont 20millions d'euros d'équipements. « En radiothérapie, nous allons passer de deux à trois appareils », explique Thierry Gamond-Rius, directeur de l'hôpital. « C'est en soi un investissement de sept millions d'euros, nous ne sommes que le troisième site en France équipé de ces appareils dernière génération. Cela nous permet d'atteindre le niveau d'activité d'un centre de lutte contre le cancer. »




Tentatives de restructuration

Mais dans la décision de construire un nouvel hôpital, ce qui a vraiment fait loi, c'est le volume très important de 3.000 naissances par an désormais dévolu à l'hôpital de Bodéliau. En particulier depuis la fermeture de la maternité de Quimperlé puis de celle de la Clinique du Ter, faute de rentabilité. « Il y a eu plusieurs tentatives de restructuration de Bodéliau mais on s'est rendu compte que c'était inadapté », remarque Thierry Gamond-Rius.




Budget ? 225millions d'euros

Avec le pôle mère enfant voisin, déjà ouvert depuis 2007, l'Hôpital du Scorff atteindra 1.162 lits de capacité d'accueil. Le complexe hospitalier est dôté d'un budget de fonctionnement de 225millions d'euros, où les charges de personnel pèsent pour 62 %. Il emploie 3.000 personnes dont 285 praticiens et internes. « Nous sommes une vraie entreprise publique, dans une logique d'adaptation des recettes aux dépenses », signale Thierry Gamond-Rius. « Notre enjeu, c'est l'équilibre économique. Sans pour autant oublier notre mission de service public. » Au début des années 80, les budgets des hôpitaux avaient été circonscrits à une enveloppe globale, pour éviter une inflation des dépenses.




Logique de parts de marché

Système qui montra rapidement ses limites : en cas de faible activité, le confort s'installait pour les agents mais en cas de surcroît de demandes d'hospitalisation, les établissements étaient systématiquement débordés. Désormais, les activités de l'hôpital sont codées et facturée ensuite à l'assurance-maladie. Le financement à l'activité a permis aux hôpitaux de retrouver une autonomie financière. Et les positionne quasiment dans une logique de gains de parts de marché. Sur un territoire de 300.000 habitants, concentré à 80 % sur l'agglomération lorientaise. Avec également Le Faouët et la Ria d'Étel aux deux extrémités du compas.




Monopole

« Pour la médecine, avec les centres hospitaliers de Quimperlé et Port-Louis, nous sommes en situation de monopole », analyse Thierry Gamond-Rius. « Pour la chirurgie en revanche, nous sommes trois. » Avec donc en lice la clinique de la porte de l'Orient (gérée par la mutualité française Finistère Morbihan) et celle du Ter (groupe Vitalia). « L'un des objectifs est de conforter notre activité en chirurgie », poursuit le directeur. L'hôpital du Scorff emploie 40 chirurgiens. « Un établissement de notre taille dispose d'une vraie attractivité auprès des médecins et chirurgiens qui sont intéressés par un environnement technologique pointu, par le travail d'équipe et la diversité des pathologies », vante Thierry Gamond-Rius. « D'autant que les cliniques sont de plus en plus tenues par des groupes financiers. Certes le hiatus de salaire peut être important avec le privé, surtout chez les radiologues ou les biologistes et en début de carrière. Mais ils peuvent exercer chez nous en libéral, nous leur versons alors une redevance. » Autre piste d'avenir : le développement vers l'extérieur, vers le libéral et les réseaux de prise en charge. Ces réseaux nommés Onc'Oriant ou Codiab-Kalo'nic regroupent dans les domaines de la cancérologie, du diabète et de la cardiologie des médecins de ville et des médecins hospitaliers. Nouvel écho à la puissance des réseaux associatifs lorientais. « Le repérage par les médecins de ville permet d'éviter de tomber dans le chronique », note le directeur. « On souhaite aussi que les usagers prennent de plus en plus de place dans la façon dont nous pensons notre fonctionnement. » D'ici là, les services médicaux doivent d'abord déménager mi-mars. Le nouvel équipement devrait être totalement opérationnel mi-avril.

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