HEF : La crise ne perturbe pas les investissements

HEF : La crise ne perturbe pas les investissements

HEF poursuit son développement. Nouvelle installation sur le site Carnot à Saint-Étienne, nouvelles acquisitions en vue aux USA et en Allemagne, implantations en Turquie et en Roumanie... Malgré la crise, HEF conserve une forte capacité d'auto-financement. Gilles Cayuela

Créée en 1953 par Jacques-Jean Caubet, HEF (Hydromécanique et Frottement) était à l'origine un centre de recherche en tribologie, science de l'usure, du frottement et de la lubrification. «Dans les années 60-70, on est passé du statut de centre de recherche à celui d'inventeur de nouveaux procédés. On a créé des laboratoires, pris des brevets, et puis on s'est dit qu'il fallait faire quelque chose de ces brevets. Dans un premier temps, on a concédé des licences d'exploitation», explique Georges Cros, P-dg d'HEF depuis 1987. En 1978, HEF quitte Saint-Étienne pour emménager dans des locaux plus grands à Andrézieux-Bouthéon. «À la même époque, les Japonais se sont montrés très intéressés par notre invention: la sulfuration à basse température des aciers. Ils nous ont demandé une station préindustrielle. Là, on a pris une gifle. On a compris que pour vivre un jour de nos recherches, il fallait se doter de nos propres outils de développement industriel», développe Georges Cros. Et de poursuivre: «Le début des années 80 a également été marqué par le virage de l'international. Pour rentabiliser nos inventions, on a compris qu'il ne fallait pas se limiter à l'hexagone et qu'il fallait être capable d'accompagner nos clients un peu partout dans le monde».




PVD et croissance externe

Aujourd'hui implanté dans une vingtaine de pays (60% du CA à l'export), HEF est devenu un leader international dans l'ingénierie des surfaces. Capable de proposer à ses clients, grands donneurs d'ordres, une prestation globale allant de l'acte de recherche à l'exploitation en passant par le développement industriel et le transfert de technologie, le groupe ligérien entend bien accentuer son leadership dans les années à venir. Spécialiste de la nitruration en milieu liquide ionique (90% du marché mondial), HEF s'est fixé pour objectif numéro1 d'atteindre sous trois ans une taille critique mondiale dans le domaine des dépôts sous vide (PVD). «Aujourd'hui, nous pesons à peine 4% du marché mondial. Les dépôts sous vide représentent 8 à 10% de notre CA. Il faut que l'on multiplie par trois le poids de cette activité dans les trois ans à venir», expose Georges Cros. Pour y parvenir, HEF mise sur la croissance externe. Après avoir pris en 2008 une participation de 50% dans la société américaine NCT (Boston) et créé une joint-venture au Japon baptisée TS Plasma, le groupe s'apprête à investir entre 10 et 15M€ par an sur trois ans pour réaliser de nouvelles acquisitions. «On cible en priorité les États-Unis et l'Allemagne qui sont les principaux pays dans le monde qui définissent les solutions de demain», explique Georges Cros.




20M€ pour ISIS

En parallèle, HEF s'active pour développer de nouvelles technologies autour des dépôts sous vide. Dans cette optique, le groupe installera dès juillet une partie de ses effectifs dans les 7.500m² de la Fabrique 5000, située sur le site de l'ancienne Manufacture d'armes de Saint-Étienne. Acquis auprès de Saint-Étienne Métropole, le bâtiment accueillera notamment l'équipe de recherche de la plateforme ISIS (Initiative Structurante en Ingénierie de Surfaces). Développée à 50/50 avec le CEA et labellisée par Viaméca, cette plateforme sera dédiée à la R & D et au transfert technologique de nouveaux procédés de dépôts en phase vapeur pour les industriels. Dotée d'un budget d'investissement de 20M? sur six ans, ISIS n'est en fait que la première pierre du projet de développement d'HEF sur Saint-Étienne. «ISIS est une première unité. L'objectif est de développer et de mettre en place d'autres plateformes technologiques autour des couches sous vides et de contribuer ainsi à faire du site de la Manufacture un pôle de compétences reconnu dans l'ingénierie des surfaces», conclut Georges Cros.