Et si le bonheur était bien dans le pré? Du moins dans la campagne environnant Toulouse. D'après un classement réalisé à partir des données fiscales de 2009 du ministère de l'Économie et des finances, les communes où les habitants déclarent les revenus fiscaux les plus importants se situent au sud de la Ville rose. Le trio de tête: Vieille-Toulouse (avec un revenu fiscal moyen de 72.919€), suivi de Vigoulet-Auzil (60.675€) et Mervilla (56.727€). Parmi les dix premières communes du classement, sept sont situées au sud de Toulouse, deux à l'est et une seule, Rouffiac-Tolosan, au nord. Parmi les raisons avancées: une situation géographique particulière, comme le souligne Michel Terrissol, maire de Mervilla: «Notre commune étant située sur les coteaux, mettre en place un système d'assainissement collectif est impossible. Il faut donc des systèmes individuels pour des grandes parcelles. Et bien entendu, plus les terrains occupent de grandes surfaces, plus leur coût est élevé. Les personnes qui choisissent de s'y installer sont donc plus aisées que la moyenne. Par ailleurs, pour les habitants d'une commune telle que Mervilla, il est nécessaire d'avoir une voiture. En effet, il n'y a, par exemple, pas d'école dans le village, il faut donc se rendre dans les communes alentours. Cela peut engendrer un coût supplémentaire pour les foyers».
Un cadre de vie privilégié
D'après Brigitte Calvet, la maire d'Aigrefeuille dont la commune de 1.200 habitants arrive en 13e position du classement, les villages de l'est et du sud de Toulouse doivent en grande partie leur attrait «à leur courte distance par rapport à Toulouse et aussi à leur cadre protégé avec un paysage verdoyant». «La qualité du cadre de vie», une expression qui revient souvent dans les conversations. Ainsi, selon Maître Isabelle Bastide, avocate fiscaliste au barreau de Toulouse, «le choix d'implantation n'a rien à voir avec le foyer fiscal. Il s'agit d'un choix de coeur et personnel pour un lieu agréable, en général verdoyant. Beaucoup de gens n'hésitent pas à faire beaucoup de kilomètres entre leurs lieux de travail et de résidence. Le revenu n'est donc pas le premier facteur qui détermine une installation. Et c'est d'autant plus vrai pour les hauts revenus, pour qui le lieu de résidence n'est en rien une question financière». Ainsi la cartographie des revenus fiscaux peut paraître surprenante pour certains, à l'image de Maître Bastide: «Je pensais que la répartition territoriale serait beaucoup plus étendue autour de Toulouse et engloberait notamment sa banlieue ouest». Seilh, première ville du nord-ouest du classement arrive en 18e position (revenu fiscal moyen de 37.904€). Pibrac, première commune de l'ouest toulousain est 28e avec 35.433€ de revenus fiscaux moyen.
Développement économique
Si pour Mervilla, l'âge moyen des habitants à tendance à augmenter, de nombreux villages, comme Aigrefeuille, voient leur population progresser et rajeunir. Une observation confirmée par Brigitte Calvet: «nous voyons arriver des jeunes couples avec des enfants en bas âge.». Il s'agit essentiellement de «cadres moyens et moyens supérieurs», d'où la remontée dans le classement des villages ouvrant sur le Lauragais et ses paysages agricoles encore préservés. Face à cette croissance de la population, Aigrefeuille voit d'ailleurs sa commune se transformer avec la création d'un vrai centre de village: un groupe scolaire est en cours de travaux et des commerces locatifs, qui manquaient jusqu'à présent, devraient d'être créés d'ici à 2014.
Méthodologie
Cette enquête a été réalisée à partir des données fiscales 2009 du ministère des Finances. En Haute- Garonne, la moyenne des revenus fiscaux déclarés était de 24.287euros, l'impôt moyen de 2.281 euros. 58,1% des ménages du département étaient imposables en 2009. 10.633 foyers avaient déclaré plus de 97.500 euros de revenu fiscal, soit 1,6 % d'entre eux.