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Gys muscle ses capacités dans la ville de Rugby pour distribuer ses postes de soudure le marché britannique
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Gys muscle ses capacités dans la ville de Rugby pour distribuer ses postes de soudure le marché britannique

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Gys investit près de sept millions d’euros pour se doter d’un site trois fois plus grand dans la ville de Rugby, en Angleterre. Le groupe lavallois assure ainsi le développement de son marché Outre-Manche, et s’équipe face aux besoins stratégiques post-Brexit, notamment logistiques. Le fabricant de postes à soudure et de recharge de batteries est implanté au Royaume-Uni depuis 2008.

Bruno Bouygues, président du groupe lavallois Gys, et Neil Pulsford, directeur de la filiale Gys Ltd, signent l’investissement dans un nouveau bâtiment pour fournir le Royaume-Uni, fin octobre 2025 — Photo : Gys

A Rugby, Gys transforme l’essai. Installé sur le terrain britannique depuis 2008 et propriétaire de ses locaux depuis 2015 dans cette ville du centre de l’Angleterre, le groupe lavallois muscle ses capacités logistiques et d’assemblage. Un investissement de 6,8 millions d’euros va permettre l’achat et la rénovation d’un nouveau bâtiment quasiment trois fois plus grand, de 3 500 m2. Après rénovation, il devrait être opérationnel à l’été 2026.

Les effectifs devraient mécaniquement augmenter. Une soixantaine de salariés travaillent actuellement chez Gys Ltd ; il s’agit de la filiale britannique du concepteur et fabricant de postes à souder, de découpeurs plasma, de chargeurs de batteries et de systèmes de réparation carrosserie. Le groupe mayennais compte près d’un millier de collaborateurs dans le monde.

Douze millions d’euros de chiffre d’affaires outre-Manche

Gys Ltd est l’une des sept filiales du groupe français. C’est aussi l’une des plus importantes, avec sa filiale allemande. Les activités britanniques génèrent désormais "11 millions de Livres sterling", soit 12,5 millions d’euros de chiffre d’affaires. Un poids non négligeable dans le chiffre d’affaires consolidé du groupe qui "devrait dépasser les 150 millions d’euros en 2025", prévoit le président Bruno Bouygues. "C’est une très belle année."

Une conséquence du Brexit

Cet agrandissement des surfaces Outre-Manche est surtout lié aux besoins logistiques. "Depuis le Brexit, nous devons effectuer les livraisons de nos produits depuis l’Angleterre, pour limiter les formalités douanières et les coûts. Le bâtiment actuel, que nous revendrons, est arrivé au bout de son potentiel. Avec ses surfaces de stockage dont nous disposons, nous aurions pu y rester au maximum deux ans", explique Bruno Bouygues. Les bureaux, eux, étaient saturés.

Plus de surfaces pour de la production à la carte

Gys se rendra ainsi plus efficace auprès de ses clients locaux. Y compris pour l’assemblage et le SAV, signale Bruno Bouygues. "Nous aurons un showroom plus grand. L’augmentation de la fabrication des produits avec plus de robotique nécessitait aussi plus d’espace, explique-t-il. L’objectif est aussi de développer nos services auprès de nos distributeurs et des grands donneurs, avec plus de bancs de tests et de tables de montage. Nous vendons de moins en moins sur catalogue et codéveloppons davantage avec les clients, ce qui nous permet de nous démarquer sur le marché."

Un marché en croissance

Malgré les complications consécutives au Brexit, Bruno Bouygues ne se plaint pas du marché britannique. "L’industrie connaît des difficultés, comme chez nous. Mais il y a toujours besoin de souder ou de maintenance. Et on continue de prendre des parts de marché chaque année", affirme le dirigeant.

Ses clients se trouvent principalement en Angleterre, mais aussi en Écosse et en Irlande du Nord. Avec des spécificités par zone. L’Écosse, par exemple, "est davantage un marché d’excellence que de volumes", indique Bruno Bouygues. Le marché des plateformes pétrolières en Mer du Nord, notamment, draine ainsi autour de 20 % du chiffre d’affaires de la filiale britannique de Gys.

Également trois millions d’euros investis en Espagne

À noter que Gys débloque également une enveloppe pour sa filiale espagnole. Fin 2023, l’achat d’un terrain a été signé près de Madrid. "Nous avons enfin obtenu le permis de construire, en septembre", rapporte Bruno Bouygues. Le chantier est en cours. Trois millions d’euros sont injectés "moins pour des besoins logistiques que pour disposer d’espaces adéquats d’accueil, de formation et de SAV, et de bureaux" indique le dirigeant. Filiale créée début 2022, Gys Iberica emploie une trentaine de salariés.

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