La société finistérienne Guy Cotten (siège à Trégunc, environ 150 salariés, 20 M€ de chiffre d’affaires en 2024), spécialisée dans la fabrication de vêtements de mer, se tourne vers l’industrie du futur. Elle intégrera au premier semestre 2026 une solution robotique afin d’automatiser et accélérer la préparation de ses commandes de cirés, vestes, tabliers de travail et autres vêtements. Les planètes semblent alignées pour le franchissement de ce cap technologique. "Les commandes sont en progression, avec 55 % d’entre elles destinées à la France et les 45 % fléchées vers l’export, rend compte Julien Bertholom, assistant commercial export dans l’entreprise et petit-fils du fondateur, avant d’enchaîner : dans l’ancienne configuration de l’entrepôt, certains collaborateurs pouvaient marcher 10 à 15 km, monter et descendre des escaliers, adopter des postures contraignantes, etc. Au niveau de la sécurité du travail et des TMS (troubles musculo-squelettiques), ce n’est pas l’idéal."
Traiter 30 commandes en simultané
Au sein de l’entrepôt de 5 000 m², sur moins de 500 m² des 2 500 m² occupés par Guy Cotten, la solution "Goods to Person" de la société francilienne Scallog comprendra 126 étagères mobiles et quatre robots. "L’idée, c’est qu’une partie de nos produits [finis] se déplace vers le préparateur de commandes. Il pourra en gérer 30 simultanément, en réduisant une partie des déplacements. Les conditions de travail s’en trouvent améliorées." "Des indications à l’écran et des faisceaux lumineux indiquent au salarié le produit et la quantité à prélever sur l’étagère et l’endroit où les déposer sur le rucher. Afin d’aller plus loin dans l’optimisation des manipulations, le conditionnement des préparations de commandes sera réalisé directement à la station", complète un communiqué de presse de Scallog. Guy Cotten a profité des travaux de modernisation de l’entrepôt pour réduire la hauteur sous plafond et améliorer l’isolation. Le montant de cet investissement high-tech n’est pas communiqué.
Pas de suppression d’emplois
Julien Bertholom tient à dissiper tout malentendu. Automatisation ne serait pas synonyme de suppression d’emplois. "Le problème, lorsqu’il est question de cette technologie, c’est le cliché de l’homme remplacé par la machine. Mais, ici, ce n’est pas le cas du tout ! Notre objectif, c’est de simplifier le travail. Aujourd’hui, ils sont cinq au secteur expédition. Ce chiffre-là, nous n’allons pas le diviser par deux", assure Julien Bertholom. Pour les salariés concernés, il s’agira surtout d’une montée / adaptation de leurs compétences actuelles. Comment Guy Cotten se projette-t-elle dans dix ans ? Quel lien entretiendra-t-elle avec la robotique ? "Je ne saurais pas vous dire", admet l’assistant commercial export. À l’heure actuelle, l’entreprise est encore en phase de domestication de cette nouvelle technologie.
Guy Cotten distribue 450 000 produits chaque année dans le monde entier.