Sur un marché entièrement détenu par des entreprises américaines, la société aixoise Guimbal est parvenue à se faire une place. «Nous sommes en effet le seul constructeur européen d'hélicoptères légers. Nous sommes certifiés au titre d'avionneur, tout comme Dassault. L'entreprise américaine Robinson détient environ 90% du marché, qui est d'à peu près 15.000 machines», explique Bruno Guimbal, en ajoutant: «Nous avons donc commencé immédiatement à vendre sur un marché mondial et nous réalisons aujourd'hui 100% de notre chiffre d'affaires à l'export». Depuis la création de la société, au début des années 2000, trente-cinq hélicoptères ont été construits dans l'atelier de Guimbal, situé en bordure de l'aérodrome d'Aix-les-Milles. Les écoles de pilotage sont les tout premiers clients de l'entreprise. «Il existe aussi quelques particuliers qui s'achètent des hélicoptères comme d'autres des bateaux, mais l'essentiel de notre clientèle tourne autour des centres de pilotage qui ont par contre de grosses difficultés pour financer les appareils». La croissance de Guimbal est ainsi lente et mesurée. «Nous proposons pourtant un produit parfaitement sécurisé qui possède des innovations rarement présentes dans des appareils de cette taille. Il s'agit d'appareils dotés de moteurs à piston, de moins d'un million d'euros, en général entre 200.000 et 500.000 €». Le rotor est ainsi en composite, sans articulation, le rotor arrière est doté d'une carène et le cockpit d'un système anti-crash. Des équipements électroniques digitaux ont également remplacé les instruments de bord plus traditionnels. Sept années de développement ont été nécessaires pour parvenir à la création des hélicoptères Guimbal, aujourd'hui certifiés par l'EASA, l'agence européenne de sécurité aérienne.
2.000 pièces et 150 fournisseurs
«Nos machines comptent 2.000 pièces et nécessitent le travail de 150 fournisseurs. Le cycle de production d'un hélicoptère est assez long. Il faut compter au moins trois à quatre mois. Nous fabriquons et nous assemblons à la commande, mais nous sommes toutefois contraints de disposer de près de 2 M€ de stock. Ce sont les pièces nécessaires à la mise en fabrication des machines», poursuit le dirigeant, issu d'Eurocopter. «Tout a commencé par une idée d'ingénieur. Je travaillais au bureau d'études d'Eurocopter et j'avais planché sur un prototype d'hélicoptère léger que nous avions même fait voler. Mais finalement Eurocopter n'a pas souhaité se positionner sur ce marché. J'ai alors décidé de quitter l'entreprise et j'ai bénéficié d'un soutien de type essaimage. Nous avons également été lauréats du concours d'entreprise innovante d'Oséo. Toutes les années de développement ont en outre été soutenues par quelques contrats d'études pour Eurocopter». Ainsi a vu le jour l'entreprise qui souhaite aujourd'hui se repositionner sur le marché hexagonal. «Nous allons notamment bâtir un back-office plus performant qui va permettre à nos clients de voler tous les jours avec leurs hélicoptères. Ce qui fera la différence avec d'autres constructeurs ce sera la fiabilité parfaite de nos machines. De cette fiabilité d'exploitation dépendent les marges que feront les écoles, comme un camion pour un transporteur. Nous disposons déjà d'un ERP totalement adapté à notre organisation», précise Bruno Guimbal.
Guimbal
Aix-en-Provence Bruno Guimbal 28 salariés CA: 3,5 M€ 04 42 39 10 80 www.guimbal.com