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Guerre au Moyen-Orient : la filière BTP d'Auvergne-Rhône-Alpes déjà impactée
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Guerre au Moyen-Orient : la filière BTP d'Auvergne-Rhône-Alpes déjà impactée

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Le conflit qui sévit au Moyen-Orient depuis fin février commence à sérieusement impacter la filière régionale du BTP. La flambée des prix du pétrole se traduit déjà par des augmentations significatives des prix des matériaux faisant craindre une nouvelle récession pour un secteur déjà en berne depuis deux ans.

Le secteur du BTP en Auvergne-Rhône-Alpes est déjà impacté par la guerre au Moyen-Orient avec des hausses de prix des matériaux enregistrées de 10% à 30% selon les familles de produits — Photo : ucarer

Le conflit au Moyen-Orient a déjà un impact sur la filière BTP régionale. "Les remontés de terrain nous signalent des hausses de prix entre 10 % et 30 % sur tous les produits issus de dérivés du pétrole. Il y a aussi, depuis un mois, une progression rapide sur tous les produits bitumeux, les isolants et les plastiques à base de PVC (gaines, canalisations, etc.)", constate Samuel Minot, président de la Fédération Française du Bâtiment Auvergne-Rhône-Alpes (FFB Aura).

Les produits dits électro et gazo intensifs, gros consommateurs d’énergies dans leur cycle de fabrication, sont eux aussi impactés par ce contexte international. C’est le cas des produits à base d’acier et d’aluminium, qui ont déjà enregistré des hausses "entre 5 et 9 %", assure Samuel Minot, qui s’attend encore à des augmentations sur les colles, les adhésifs, les peintures.

Un scénario qui rappelle la guerre en Ukraine

Cette flambée du prix des matières premières dans le domaine de la construction n’est pas sans rappeler l’épisode inflationniste qui avait vu le jour dès le démarrage de la guerre en Ukraine. "On a déjà connu ça, il y a quatre ans avec des augmentations liées aux coûts de l’énergie, à la fois sur la partie fabrication et sur la partie transport. On essaie d’accompagner nos clients au mieux mais à un moment donné on ne peut pas vendre moins cher que ce que l’on achète", explique Romain Jeanetti, qui dirige avec son frère Florian, l’entreprise familiale Sagra (170 salariés ; 51 M€ de CA en 2025), membre du réseau national de distribution BigMat.

Romain et Florian Jeanetti, les deux codirigeants de Sagra BigMat — Photo : DR

Spécialisée dans la fabrication de produits béton et le négoce de matériaux de construction, la PME de Rivas, dans la Loire, a déjà enregistré des hausses significatives de la part de ses fournisseurs industriels. "Cela va de 5 à 30 % selon les familles de produits, avec une dizaine d’augmentations nouvelles chaque jour. On essaie d’inciter nos clients à intégrer dès aujourd’hui ces évolutions de tarifs dans leurs devis de manière à sécuriser leurs projets mais ce n’est simple pour personne", confie le dirigeant.

"Nous avons rappelé à nos adhérents quelques règles de précautions : prévoir des devis indexés, raccourcir les délais de validité des devis, garder le plus possible le contact avec les fournisseurs pour essayer de bloquer les prix…"

Un coup de frein pour la construction ?

Parmi les produits les plus impactés, les mousses à base de polyuréthane, que l’on retrouve dans l’isolation des toitures et des sols. "Ce sont des produits de base dans la construction. Or quand on vous annonce des hausses de 5 à 30 %, nul besoin d’être un grand mathématicien pour comprendre que les constructeurs vont devoir répercuter ces hausses, que coût de la construction va donc augmenter et qu’en bout de chaîne, cela risque de freiner les projets", développe Romain Jeanetti.

Une crainte partagée par Samuel Minot. "Nous avons rappelé à nos adhérents quelques règles de précautions : prévoir des devis indexés, raccourcir les délais de validité des devis, garder le plus possible le contact avec les fournisseurs pour essayer de bloquer les prix… Mais certaines entreprises vont avoir du mal à prendre en charge ces hausses et vont devoir suspendre et remettre à plus tard certains chantiers", estime le président de la FFB Aura.

La crainte d'une hausse des destructions d'emplois

Déjà lourdement impactée depuis deux ans par la baisse des constructions de logements neufs et une rénovation énergétique qui tourne au ralenti, la filière BTP Aura s’attend à une nouvelle récession. "On a déjà perdu 3 % de nos effectifs en deux ans. On craint que ce conflit au Moyen-Orient n’accélère encore plus cette perte d’emplois", conclut Samuel Minot.

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