Groupe Georges Pernoud . Vive les robots !
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Groupe Georges Pernoud
. Vive les robots !

Plasturgie. Le producteur de moules sur mesure s'est lancé il y a quatorze ans dans la robotisation. Une stratégie gagnante qui lui permet aujourd'hui de surnager dans un secteur concurrencé par l'Asie. Cette performance l'autorise à diversifier sa production.

Il a trouvé la parade avant les autres pour contrer la baisse de la compétitivité de son entreprise. Gilles Pernoud, dirigeant de la PMI Groupe Georges Pernoud, spécialisée dans la production de moules de formes complexes pour l'industrie automobile, a introduit les robots parmi les hommes. Une audace payante qui, quatorze ans plus tard, lui permet de se lancer dans le développement de nouveaux produits. Sauf qu'à l'époque, c'était investir ou licencier. « En 2000, nous avons subi une forte concurrence asiatique, poussant nos clients à faire descendre nos prix. Étranglés, nous n'avions pas le choix : instinctivement, nous nous sommes dit qu'il fallait investir dans la robotisation pour réduire nos coûts », se remémore Gilles Pernoud, P-dg visionnaire. Il avait pris seulement un an plus tôt, avec son frère et un BTS en poche, la succession de son père Georges lorsque celui-ci est tombé malade. L'enjeu de la robotisation ? « Augmenter notre taux d'occupation machine. Nous ne travaillions alors que huit heures par jour, plus quatre heures pendant la nuit, durant lesquelles les machines avaient de la matière pour travailler. La solution consistait soit à passer en trois huit, soit à approvisionner les machines pendant la nuit grâce aux robots. » Le calcul fut rapidement fait. Grâce aux robots, la PMI a bénéficié d'une augmentation immédiate de son chiffre d'affaires sans subir de hausse de charges. Le premier robot acheté en 2000 (budget d'investissement de 130 %) a permis de passer de 60 heures de production par semaine à 145 heures par semaine aujourd'hui.




Crise de 2009

En 2004, second investissement dans un robot placé entre deux machines, alimentant l'une et l'autre. Résultat : la production continue passe de 40 heures par semaine à 100 heures par semaine trois mois plus tard et 140 heures par semaine aujourd'hui. Le troisième investissement dans un robot en 2008-2009, pour un million d'euros, a pénalisé la PMI, crise oblige. « Mais, à la reprise, nous étions prêts, avec un temps d'occupation des machines passé de 40 heures par semaine à 110 heures aujourd'hui ». Le dernier investissement, en 2013, ne déçoit pas non plus le dirigeant. Son entreprise est passée de sept millions d'euros de chiffres d'affaires en 2000 avec 70 salariés à 11 M€ et 100 salariés aujourd'hui, dont 25 vivent à Chicago. Une croissance menée tambour battant malgré la diminution des prix par deux et en concédant seulement 2 à 3 % de résultat sur chaque vente. D'un point de vue des ressources humaines, Gilles Pernoud est catégorique : « La robotisation nous a évité de licencier. Si, en théorie et sans robotisation, deux fois plus d'hommes avaient été nécessaires pour exécuter le même travail, l'entreprise n'aurait pas supporté le choc des charges sociales. »




Évolution des compétences

À l'inverse, les salariés, de simples ouvriers sont devenus programmateurs. Gilles Pernoud n'a aucun regret. « En quatorze ans, 50 % de nos concurrents français ont mis la clé sous la porte. Concrètement, pour une pièce fabriquée par un robot à un million d'euros, le ratio est 125 euros par heure quand mes confrères sont à 50 euros de l'heure. Sauf qu'eux vont mettre dix heures pour produire cette pièce, et moi seulement quatre heures ». Avoir gagné en délai et flexibilité lui permet aujourd'hui d'engager la diversification de ses produits. « En dehors du moule, constate-t-il, le marché français a besoin de mécanique de précision pour le secteur de l'énergie et de l'aéronautique. Il faut des pièces usinées de précision : c'est ce vers quoi nous nous dirigeons désormais. » Gilles Pernoud mise aussi sur des logiciels dernier cri pour optimiser la productivité de son entreprise.





À quoi il faut ajouter deux ingénieurs R & D et une posture proactive sur le lean management. Le tout permet à la PMI de bénéficier depuis 2011 du crédit impôt recherche. Ce dynamisme bât en brèche l'image de la plasturgie française qui serait sur le déclin... Sa recette du succès, Gilles Pernoud la partage volontiers et sort son bâton de pèlerin pour évangéliser les dirigeants frileux. « Si les PMI ne se lancent pas dans la robotisation de leurs outils de production, l'industrie risque de ne pas s'en relever et ce sera difficile de la reconstruire », prophétise le dirigeant.

Groupe Georges Pernoud



(Oyonnax)


Dirigeant : Gilles Pernoud


100 salariés CA 2013 : 11 M€ 04 74 77 50 84 www.pernoud.com

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