Le concepteur et fabricant de lasers costarmoricain Oxxius (70 salariés, 7 M€ de CA) s’apprête à sortir "d’une période d’intranquillité". Travaillant principalement pour le milieu scientifique, l’entreprise lannionnaise a souffert du ralentissement d’activité des laboratoires de recherches dépendants de fonds publics lors de la crise du Covid, puis des arbitrages budgétaires des États qui ont suivi. Oxxius a aussi été touché par des difficultés d’approvisionnement en cristaux fin 2024. Un problème résolu par le haut puisque la PME a trouvé de nouveaux fournisseurs, qui plus est positionnés sur des produits plus performants. "Nous avons multiplié par deux la puissance de nos lasers pompés par diode, qui représentent 50 % de notre chiffre d’affaires", souligne Thierry Georges, son créateur. Avant d’ajouter : "Sur nos marchés, nous avons les lasers compacts les plus puissants au monde."
Un deuxième robot arrive en production
Résultat, les deux derniers trimestres ont enregistré des hausses de chiffre d’affaires de près de 30 %. "Nous devrions réaliser un fois trois ou fois quatre en termes de progression d’activité dans les 3 ou 4 ans à venir", annonce le dirigeant.
Grâce tout d’abord à un outil de production qui va bénéficier en juin de l’arrivée d’un deuxième robot, après celui arrivé en janvier 2024. Des machines co-développées avec le fabricant ISP-System. Ce second exemplaire a fait l’objet d’un programme de financement "maison" baptisé Lacio, abondé à hauteur de 45 % par France 2030. Ces robots ont coûté 1 million d’euros à la PME, sans compter les coûts de développement internes.
Ce deuxième robot, encore plus puissant, va remplacer le premier en production. L’ancien sera utilisé pour apprendre de nouveaux procédés.
Des recrutements et un management plus étoffé
"Le premier robot ne produisait que la moitié de nos lasers sur lesquels nous avons le plus d’éléments différenciateurs : les lasers pompés par diode, explique celui qui est aussi président de Photonics France. Le second pourra réaliser l’ensemble de ces lasers avec une précision meilleure qu’un micron." À terme, il pourra également produire les autres lasers de l’entreprise, les lasers diodes.
En plus d’avoir musclé son outil industriel, Oxxius a structuré son management, avec la création d’une unité méthode et industrialisation dirigée par Églantine Ruaudel. Et en un an, 10 ingénieurs et commerciaux ont été recrutés.
Des clients qui grossissent
Réalisant 70 % de son activité à l’international, l’entreprise a un boulevard commercial devant elle. "Nos clients actuels sont en train de grossir, se félicite Thierry Georges. Comme les fabricants d’instruments scientifiques très haut de gamme comme les spectromètres Raman ou les microscopes de super résolution, qui représentent 70 % de notre activité." Cette montée en volume est accompagnée par le gain de nouveaux clients sur ce marché, grâce à la puissance des lasers, leur aspect compact et la possibilité qu’a Oxxius de les réunir dans des combineurs (boîtiers).
Deux nouveaux marchés à conquérir
Parallèlement, la PME pourrait conquérir deux marchés en forte progression. Celui des mécanismes cellulaires, qui inclut la cytométrie et le séquençage ADN. Et celui des semi-conducteurs, avec l’explosion de l’IA.
Tous ces marchés qui nécessitent des systèmes compacts et une grande pureté spectrale pèsent au niveau mondial 500 millions d’euros par an. "Nous sommes prêts pour la croissance", conclut Thierry Georges.
Depuis le début d’année, l’entrepreneur possède la majorité du capital d’Oxxius — le reste étant détenu par une quarantaine de managers et d’anciens managers de la PME — après le récent départ d’un fonds d’investissement.