Groupe FRR : Le mandolocien joue la carte de la différence
# Hôtellerie

Groupe FRR : Le mandolocien joue la carte de la différence

Les jeux et l'hôtellerie souffrent. Mais le groupe Financière Royal Resort, du haut de ses trois casinos et de son hôtel, dix fois plus petit que Partouche en terme de CA, tient le coup et affiche son ambition: «Pas être le plus grand mais le meilleur. Small is beautiful!» Lucie Lautrédou

«Faites vos jeux, rien ne va plus!». Non, en effet, rien ne va plus dans le monde magique du bandit manchot. D'après le syndicat des casinos de France, six établissements sur dix sont dans le rouge. Sur 197 casinos, 120 perdent de l'argent. La libération des jeux d'argents sur Internet est un nouveau pari. Quelle sera la mise des professionnels du hasard? Lucien Barrière s'associe à la Française des Jeux, Partouche observe... Et les indépendants jouent l'union. Les vingt membres de la Fédération Internationale des Casinos Créateurs d'Émotions la jouent brainstorming collectif et miseront peut-être quelques billes sur le net d'ici mars (lire interview).




Trois sites, quatre centres de profits

Dans cette fédération figurent le Royal Casino de Mandelieu, le Casino de Megève et celui du Cap d'Agde, propriétés du groupe mandolocien Financière Royal Resort. FRR, c'est un groupe, trois établissements et quatre centres de profits, puisqu'il possède également l'hôtel quatre étoiles franchisé Pullman de Mandelieu, qui accueille le Royal Casino. Le tout pour un chiffre d'affaires 2009 de 33millions d'euros. Petit joueur à côté du Groupe Partouche et ses 42 établissements exploités en France et plus de 400millions d'euros de chiffre d'affaires. Quoi qu'il en soit, l'azuréen tient la mise et ses chiffres suivent ceux du marché. Si le Casino de Megève fait partie des établissements dans le rouge, avec un chiffre d'affaires en baisse de plus de 8% d'octobre2008 à 2009 (variation moyenne de la profession), il est maintenu à flot par le grand gagnant du groupe: le Royal Casino de Mandelieu, qui se maintient largement au-dessus de la moyenne du marché, avec un produit brut des jeux stagnant.




Stratégie d'expansion

S'il n'exclut pas l'éventualité de vendre l'établissement megévans, le groupe se positionne davantage sur une stratégie d'expansion, par rachats ou réponses à des appels d'offres. Il se positionne d'ailleurs sur les offres de délégations de service public de Fréjus ou la Seyne-sur-Mer. Pour Jean-François Chapel, directeur général de Financière Royal Resort, le groupe a toutes ses chances de décrocher les contrats. «Certes, nous sommes un petit groupe, mais nos établissements sont bien gérés, ce qui démontre un savoir-faire», argumente le trentenaire.




«La querelle de qui sera le premier»

Sa taille, le groupe l'assume pleinement. «Nous sommes en position d'outsider et ça me convient très bien, explique l'ex-directeur général du Casino de Bénodet, je laisse la querelle de qui sera le premier à Partouche et Barrière.» Le jeune directeur souhaite plutôt que son groupe s'affirme dans la différence, qui passe par l'image. Aussi le groupe a investi 200.000euros en 2009 pour rénover le bar et la boîte de nuit de son site mandolocien, pour en faire un lieu «contemporain et atypique», vante Jean-François Chapel. «C'est un produit séduisant auquel le marché a répondu favorablement», insiste-t-il. Et en 2010, le groupe poursuit sa «politique commerciale agressive», à grands coups de coyote girls et Open de France de Poker. Il a d'ailleurs investi 50.000euros dans la rénovation du restaurant de l'hôtel Pullman. Car il ne faut pas l'oublier, FRR, c'est aussi l'hôtellerie. «Nous n'avons qu'un hôtel, mais c'est un domaine dans lequel nous sommes compétents et nous pourrions en acheter un autre, ça fait partie de nos cibles.» Cependant le groupe est sélectif dans ses achats, «je préfère être le meilleur que le premier, explique Jean-François Chapel, small is beautiful!».

# Hôtellerie