Groupe Doux : Le dépeçage a commencé
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Groupe Doux : Le dépeçage a commencé

VOLAILLE L'annonce de la vente du groupe Doux fait craindre le pire aux différentes entités de l'industriel breton. Le site de Graincourt-les-Havrincourt est dans l'attente.

Comme il fallait s'y attendre, le groupe breton Doux a finalement commencé à se séparer de quelques actifs. Fort de 3.400 salariés, de 24 usines en France dont le site nordiste de Graincourt-les-Havrincourt qui emploie 250 personnes, l'avenir est incertain. Le découpage apparaît avoir commencé. Le 26juin, le volailler de Châteaulin annonce la vente de sa filiale Stanven, basée à Plouray (56) et spécialisée dans les protéines de volaille destinées aux animaux domestiques, à Saria, une filiale du groupe allemand Rethmann.




400 M€ de dette

Les 19millions d'euros nets qu'ont rapporté la cession sont une bouffée d'oxygène pour le groupe. Plombé par une dette de 400millions d'euros, le volailler ne pouvait plus faire face à ses échéances. Du côté de la direction, on laisse entendre que le but est de vendre les activités non-stratégiques du groupe, comme c'est le cas de Stanven, pour «faire entrer du cash», et conserver les activités historiques, le poulet congelé en priorité, puis le frais. L'argent de la vente, rentré en caisse dès le 28juin, comble la moitié des besoins de Doux pour maintenir son activité durant la période d'observation qui court jusqu'au 1erdécembre prochain. L'administrateur judiciaire en charge du dossier, Régis Valliot, avait annoncé la mise en vente de la totalité du groupe le 22juin dernier. Les repreneurs avaient jusqu'au lundi 2juillet pour se prononcer.






Inquiétude et veille active chez les concurrents

«C'est une déflagration», avoue Daniel Sauvaget, P-dg de Tilly-Sabco, seul concurrent du groupe Doux sur la filière du poulet congelé destiné à l'export. Depuis le dépôt de bilan du groupe, les autres producteurs de volaille s'inquiètent : si Doux chute, c'est tout l'écosystème de la filière avicole qui est menacé. «Ce sont des conséquences directes pour nous, observe Franck Le Tyrant, P-dg d'Arnal, une petite production de volaille basée au Faou.On est tous liés. » Il craint des faillites de fournisseurs ou transporteurs en cascade si le géant ne venait à faire faillite. «Nous avons tout à fait intérêt à ce que l'activité de Doux perdure», confirme Daniel Sauvaget. Corinne Nicole, délégué CGT chez Tilly-Sabco, craint qu'une éventuelle chute de Doux n'attire «l'oeil de Bruxelles sur nous», évoquant à demi-mot le risque pour Tilly-Sabco de voir les aides européennes disparaître en cas de faillite de son principal concurrent. Doux et Tilly-Sabco sont en effet les deux derniers acteurs du poulet congelé destiné à l'export à profiter de ces "restitutions", prévues par la PAC.




Les coopératives intéressées

Du coup, les repreneurs potentiels s'organisent. Les grandes coopératives examinent le dossier de très près, a confirmé Philippe Mangin président de Coop de France au magazine LSA. Le nom de Triskalia est régulièrement évoqué, comme celui de Terrena basé à Ancenis (44), qui claironne depuis 18 mois qu'avec toute sa trésorerie accumulée, elle pourrait se positionner sur de gros dossiers de rachat. Le géant LDC est également cité pour racheter les activités de Doux dans le frais.

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