Le créateur
De la restauration à la gestion d'une société de matériel médical... À 35 ans, le Ligérien Grégoire Boeuf a déjà pas mal bourlingué et affiche un parcours professionnel hétéroclite.
« Je suis parti au Japon, il y a cinq ans, et je suis tombé amoureux du saké, ce vin japonais traditionnel issu de la fermentation du riz (14 à 18 degrés NDLR) », raconte le jeune entrepreneur.
L'idée
« En revenant, j'ai organisé une dégustation avec des amis. L'idée est finalement partie d'une boutade à cette occasion : "et pourquoi nous ne ferions pas du saké en France". Il faut dire qu'autour de la table, il y avait des professionnels de la brasserie ».
Par l'intermédiaire de son réseau de connaissances, un importateur de saké le met alors en relation avec un producteur japonais. Privilège rarissime, il est invité à vivre et travailler pendant un an dans cette brasserie, pour en acquérir les savoir-faire. Pari tenu, après avoir pris six mois de cours de japonais intensif avant de partir. Il rentre en France, à Pélussin son village natal, à l'été 2016 et se met alors d'arrache-pied au travail pour monter son projet, " Les Larmes du Levant ", une brasserie de Saké en plein coeur de la Loire, seule brasserie européenne dédiée complètement au saké, selon son propriétaire.
Les débuts
Les premiers embouteillages ont eu lieu cet été. Le riz est importé directement du Japon et brassé par deux professionnels japonais embauchés par la TPE pour six mois chaque année (contrat de 5 ans). Le saké ne se brasse en effet traditionnellement que les mois les plus froids.
L'investissement
Le créateur des Larmes du Levant a investi 800.000 euros pour lancer son activité : immobilier, matériel, matières premières. Investissement financé par un apport personnel de 250.000 euros, un prêt bancaire et un cautionnement BPI.
Les objectifs
Grégoire Boeuf compte produire 30.000 litres de saké par an, dès l'année prochaine, pour une gamme de huit sakés différents. Il vise un chiffre d'affaires de 300.000 euros sous deux ans, avec un seuil de rentabilité attendu d'ici trois à cinq ans. Période avant laquelle il n'envisage pas de se rémunérer.