Les exploitants de carrières sont inquiets. Et ils souhaitent le faire savoir aux collectivités. L'enjeu? Le renchérissement du coût des constructions que pourrait engendrer la fermeture d'un certain nombre de sites d'extraction de minéraux implantés dans la région. L'Unicem Normandie, organisation professionnelle qui regroupe les acteurs du secteur, tire la sonnette d'alarme par l'intermédiaire de son président, Jean-Yves Cadieu: «Nos activités dans la région se produisent sur des sites alluvionnaires, dans la vallée de la Seine, la vallée de l'Eure, de la Bresle. Ors, et le développement des contraintes environnementales réduit notre présence dans ces vallées», explique le directeur général des Sablières Capoudale. «Notre profession dépend des Schéma départementaux des carrières qui sont actuellement en cours de révision. Et nous voyons poindre de plus en plus de problématiques environnementales!» Autant de «contraintes» qui pourraient obliger à l'avenir à accroître les importations de minéraux pour couvrir des besoins bien locaux, ceux-ci, avec un impact certain sur le coût des constructions, estime que Jean-Yves Cadieu: «les granulats comptent pour environ 4% du coût final d'un logement, ce n'est pas si marginal que cela». «Pour couvrir les besoins du plan de construction de 6.000 logements de la Crea, il faudra près de 1,8million de tonnes de granulats, soit l'activité d'une carrière pendant trois ans!» Au-delà de l'Unicem, c'est l'ensemble des acteurs du BTP (Capeb, FFB, FRTP) qui s'associent pour faire entendre leur voix auprès de donneurs d'ordre (publics!) qui seront, in fine, impactés par ces hausses de coûts.
G.D.
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