«Je suis arrivé dans la métropole lilloise pour construire un grand projet.» Voilà ce que nous disait Michel Seydoux dans nos colonnes il y a déjà un peu plus de deux ans. Après avoir fait le doublé coupe-championnat, le président du Losc n'attend plus qu'une chose pour que son rêve se réalise pleinement: un Grand Stade pour juillet2012.
Structurer l'entreprise L'entreprise Losc s'organise en conséquence. «À peine les festivités terminées que nous sommes bien entendu tournés vers demain et après demain...», confie Guillaume Gallo, directeur marketing et commercial. Son département vient d'être filialisé pour créer la société Grand Stade Rayonnement, en charge de l'exploitation commerciale du futur stade qui commence (droits Losc et hors Losc). Franklin Coussement, ex-patron d'Euro 360 Lille, devient directeur marketing de cette nouvelle structure économiquement stratégique.
Un financement de 700M€
Avec un investissement s'élevant à près de 700millions d'euros (construction+coûts d'exploitation du stade), l'infrastructure sportive et culturelle est annoncée comme une locomotive pour la métropole. En effet, le premier rôle de l'enceinte, outre celui de donner un toit à l'équipe du Losc, est surtout de faire résonner une image dynamique et moderne de la métropole lilloise en France et en Europe. Une enveloppe de 282M€ est attribuée à la construction même du stade de 50.000places et aux infrastructures de parking. 42M€ sont aussi mis sur la table afin d'accueillir plusieurs espaces annexes du type hôtel ou restaurant aux abords du stade. Le village du Grand Stade comportera ainsi un hôtel trois étoiles Park Inn by Radison de 127chambres, un deux étoiles B & B de 99chambres ainsi qu'une résidence service de 135studios et 36T2. S'ajouteront 400m² de bureaux, un pôle médicalisé de remise en forme et, au rez-de-chaussée, 2.700m² de boutiques. L'Euro 2016 de football annoncé en France contribuera très certainement au succès. Annonce qui a donc permis à LMCU d'investir un peu moins que prévu initialement, passant de 10à7,5M€ par an durant 31ans. On parle également d'un «naming» possible afin d'attirer des capitaux privés et surtout régionaux.
Premier coche raté
Eiffage a d'ailleurs l'obligation, via son engagement contractuel avec Lille métropole communauté urbaine (LMCU), de sous-traiter à des PME 25% du marché global des travaux comprenant tout l'équipement du Grand Stade allant jusqu'aux écrans présents dans les loges. Cet engagement implique les PME dans ce grand chantier métropolitain. Cependant rien oblige Eiffage et sa société maître d'ouvrage Elisa de traiter avec des entreprises de la région même si, à compétences égales, la préférence régionale doit néanmoins entrer en ligne de compte. En ce qui concerne l'appel d'offres pour la maquette virtuelle en 3D, les quatre entreprises numériques lilloises postulantes sont restées à quai. C'est en effet une société lyonnaise, Immersive Solutions qui a chipé ce marché digital. Maintenant, d'autres appels d'offres sont encore en cours. La balle est toujours dans le camp régional.
Des activités commerciales avec Heron Park
Force est de constater que l'infrastructure a déjà commencé, avant même qu'elle ne soit édifiée, à attirer de l'activité commerciale. À peine le temps d'officialiser le lieu où sera implanté le Grand Stade que voilà un projet complémentaire au centre V2, qui naît au niveau de Lezennes, non loin du siège de Villeneuve-d'Ascq de Leroy Merlin. Heron Park, inauguré en mars2009, compte près de 22commerces dont 15 restaurants et s'étale sur 42.500m². Cet investissement de 100M€ affiche aussi 9.800m² d'offres immobilières destinées aux bureaux.
[-------]324millions d'euros, voilà ce que représente la construction globale du projet du Grand Stade de Lille. Autour de lui fleurissent zone d'activité et grands projets.