Comment l’attractivité de la Métropole européenne de Lille se porte-t-elle ?
Nous avons accompagné 22 projets d’implantation en 2025, ce qui représente plus de 800 emplois à horizon trois ans sur la métropole lilloise. En 2024, nous étions sur 24 entreprises accueillies, promettant la création, dans les 3 ans, de 660 emplois. Le volume reste stable, mais la valeur ajoutée progresse nettement. En moyenne, nous traitons environ 300 dossiers par an. Ce flux régulier traduit une dynamique stable, malgré un contexte international incertain.
La métropole peut s’appuyer sur des filières solides : santé, matériaux, alimentation du futur, cybersécurité, industries culturelles et créatives. D’ailleurs, 60 % des projets accueillis en 2025 s’appuient sur les sites d’excellence du territoire : Eurasanté, EuraTechnologies, Euralimentaire, EuraCreative (ex-Plaine Images) ou EuraMaterials. Notre rôle est d’aller chercher des projets en cohérence avec ces priorités, sans toutefois nous interdire d’autres opportunités.
L’international reste-t-il un moteur de l’attractivité lilloise ?
Oui, clairement. 50 % des projets accompagnés en 2025 sont internationaux, principalement en provenance de Belgique, du Royaume-Uni, mais aussi des États-Unis, de l’Inde ou du Canada. Nous observons par ailleurs une montée en puissance des projets asiatiques, avec six dossiers en cours, ce qui nourrit des perspectives favorables pour 2026.
"L’implantation internationale supporte mal l’incertitude."
À l’inverse, l’impact géopolitique et économique se fait sentir sur les projets américains : les délais de décision sont passés de 6 à 9 mois à 12 à 18 mois. L’implantation internationale supporte mal l’incertitude. Mais le volume global de dossiers reste constant, ce qui démontre la résilience du territoire.
Quels types de projets illustrent cette attractivité que vous qualifiez de plus qualitative ?
Plusieurs implantations sont emblématiques. L’américain Noc Energy, une cleantech basée à Houston, a choisi EuraTechnologies pour installer son unique site européen, avec une vingtaine d’emplois très qualifiés à la clé. La fintech belge VS Consulting s’est implantée dans l’immeuble ShaKe à Lille. Skello, déjà présent à Paris et Barcelone, a choisi Lille pour renforcer son maillage national.
Dans l’industrie, le groupe familial belge Packyard investit près de 30 millions d’euros dans un site de production de 20 000 m² à Villeneuve-d’Ascq, tandis que Tandem, dans la maroquinerie et la confection textile haut de gamme, prévoit 70 emplois qualifiés à Armentières à horizon trois ans.
Vous avez revu vos critères d’évaluation des projets en 2025. Pourquoi ?
Traditionnellement, les agences d’attractivité communiquent sur le nombre d’entreprises implantées et d’emplois créés à trois ans. L’emploi demeure un indicateur clé, mais nous intégrons désormais d’autres critères : l’alignement avec nos filières d’excellence, l’impact territorial et surtout la durabilité des implantations.
Nous veillons aussi à une meilleure répartition géographique sur l’ensemble de la métropole. Cela suppose de travailler étroitement avec les pôles d’excellence évoqués précédemment, ainsi qu’avec les opérateurs privés.
Comment la MEL se situe-t-elle face aux autres métropoles françaises ?
Sur le plan de l’immobilier tertiaire, Lille se positionne derrière Paris et Lyon. En 2025, le marché devrait atteindre environ 165 000 m² de bureaux placés, confirmant la solidité de l’offre et donc notre crédibilité auprès des investisseurs. Les baromètres nationaux classent régulièrement la métropole dans le top 5 des grandes villes attractives, et même première sur la capacité à accueillir des entreprises. Cette performance repose sur un écosystème entrepreneurial dense et une situation géographique stratégique, à la frontière belge, idéale pour les entreprises visant la Belgique et les Pays Bas.
Lille est ainsi la première zone géographique de concentration de sièges sociaux internationaux en France hors Paris (source EY & JLL NDLR), la première métropole pour l’accueil des entreprises et l’immobilier professionnel selon le baromètre Arthur Loyd 2025, la première terre de réseaux et de clubs d’entreprises en France, favorisant les synergies économiques (source : MEL, 2023 NDLR) et la deuxième métropole universitaire hors Paris (source : MESRI, 2023 – 2024 NDLR), offrant un vivier de talents conséquent.
L’agence Hello Lille intervient-elle aussi au-delà des implantations ?
L’agence compte 22 collaborateurs, dont cinq sont dédiés à l’implantation d’entreprises. Mais notre action couvre aussi le tourisme d’affaires, qui représente 70 % du chiffre d’affaires hôtelier local. Nous accompagnons de grands événements comme le festival Séries Mania, avec des campagnes de promotion à Paris et Bruxelles, ou la réouverture du musée LaM à Villeneuve-d’Ascq.
Notre mission, depuis sept ans, est claire : renforcer la marque territoriale, lever les clichés – notamment auprès des entreprises parisiennes – et démontrer que la Métropole européenne de Lille est un territoire capable d’accueillir durablement des projets innovants, à l’échelle européenne.