Fleuron du textile français, l’entreprise Tricots Saint James, créée en 1889, emploie 420 salariés dont 300 à Saint-James (Manche) où sont installés son siège social et ses deux ateliers de tricotage et confection en laine et coton. Reconnue Entreprise du Patrimoine Vivant (EPV), Tricots Saint James (70 millions d’euros de chiffre d’affaires), commercialise un peu plus d’un million de vêtements par an dont ses célèbres marinières en coton, pulls marins et cabans. Son président Luc Lesénécal est un ardent défenseur du made in France — "70 % de notre production sont réalisés dans nos ateliers pour nos produits iconiques" — qui a repris l’entreprise en 2012, associé au directeur général Patrice Guinebault (tous deux sont majoritaires) grâce à deux LBO en 2012 et 2020, les cadres et les salariés étant aujourd’hui également actionnaires à hauteur de 10 % du capital.
40 % du chiffre d’affaires à l’export
"Entre 2012 et 2024 le chiffre d’affaires de l’entreprise a augmenté de 60 %" se félicite le dirigeant qui reconnaît toutefois que la rentabilité a marqué le pas l’an passé, confrontée à la hausse du prix des matières premières, de l’énergie et de l’évolution de la masse salariale, même si Saint James, marque premium du prêt-à-porter, a su résister selon lui à la crise économique qui frappe le secteur. L’entreprise exploite un réseau d’une centaine de boutiques en propre et en franchise en France, et est présente à l’international dans des boutiques en franchise notamment en Asie (une dizaine au Japon, autant en Corée du Sud) et dans des points de vente multimarque, en Europe, aux États-Unis, au Canada. "Nous réalisons 40 % de notre chiffre d’affaires à l’export, souligne Luc Lesénécal, qui avoue être pour l’heure attentiste sur le devenir du marché américain soumis aux droits de douane de Donald Trump".
L’objectif du dirigeant est d’ouvrir une trentaine de nouvelles boutiques en France et à l’étranger dans les prochaines années et de dépasser les 50 % de chiffre d’affaires réalisé à l’export d’ici à dix ans avec de nouveaux marchés en Amérique du Sud, à Dubaï, au Mexique, et plus largement en Europe, avec des ambitions en Espagne, au Portugal, en Suède, au Danemark et en Finlande.
Moderniser l’outil de production
Tricots Saint James investit par ailleurs dans la modernisation et l’accroissement de son outil de production : "Nous venons d’ouvrir un nouvel atelier de production à Vannes dans le Morbihan, nous avons investi dans notre bâtiment logistique et nos bureaux à Saint James et nous menons sur quatre ans un programme de renouvellement de l’ensemble de nos métiers à tricoter" explique Luc Lesénécal. Au total, l’entreprise aura ainsi investi environ 12 millions d’euros.
Un savoir-faire d’excellence
Autres axes forts de sa stratégie, l’accent mis sur la dimension humaine de son activité, avec une excellence du savoir-faire qui suppose une formation en interne de 18 à 24 mois pour chaque nouvel embauché, mais aussi l’économie circulaire avec le recyclage des déchets textiles — coton et laine — utilisés notamment pour produire des matériaux d’isolation phonique et thermique.
Assurer la transmission
Luc Lesénécal, qui rentre du Japon où l’entreprise était partenaire de l’exposition universelle à Osaka du 15 mai au 15 octobre 2025 en tant qu’habilleur officiel du Pavillon France, envisage aujourd’hui la transmission de l’entreprise après 2028 au terme du second LBO, en espérant pouvoir le faire avec les salariés et l’aide de fonds d’investissement régionaux, breton et normand.