Après avoir produit le packaging de la première gamme de mascaras en aluminium recyclé pour Chanel, dévoilée début 2024, l’entreprise lotoise G.Pivaudran (240 collaborateurs, CA prévisionnel 2025 : 28 M€), qui conçoit et réalise des pièces en aluminium destinées aux marchés de la parfumerie, de la cosmétique et des spiritueux, franchit un cap dans la décarbonation de son industrie, basée sur la technique chimique de l’anodisation. Le but recherché est de conjuguer excellence esthétique et responsabilité environnementale.
Eclat similaire à l’aluminium anodisé
En compagnie du groupe francilien Pochet (3 000 collaborateurs, CA 2024 : 500 M€), elle s’associe à Tesem, spécialisée dans le packaging en plastique et aluminium et établie près de Barcelone (Espagne), avec laquelle elle entretient des relations privilégiées pour en être actionnaire minoritaire depuis une vingtaine d’années. Objectif : contribuer à l’industrialisation d’une technologie innovante développée par la société catalane, avec le soutien de Chanel, qui a donné lieu à un dépôt de brevet en 2023.
Baptisée BRI & VA, cette technologie donne aux produits fabriqués à partir d’aluminium recyclé après consommation (PCR) un éclat similaire à l’aluminium vierge anodisé et une tenue dans le temps compatible avec les attentes des clients du luxe. « Avec l’anodisation, nous étions limités en termes de quantité d’aluminium recyclé présent dans la matière, explique Marc Pivaudran, le président de G.Pivaudran. Pour les mascaras de Chanel, nous n’atteignions par exemple qu’un taux maximum de 18 %. »
Une unité de production industrielle à venir
L’innovation BRI & VA permettra de fabriquer des produits contenant jusqu’à 50 % d’aluminium recyclé, tout en répondant aux normes visuelles et tactiles les plus élevées du marché de l’emballage du luxe. Le partenariat conclu entre ces trois entreprises familiales permet une mutualisation des savoir-faire et favorise la collaboration européenne. « Sur la RSE, les enjeux vont au-delà de l’avantage concurrentiel entre nous, souligne le dirigeant. Nous voulons avancer ensemble pour décarboner et faire face à une concurrence qui vient de plus loin. »
G.Pivaudran souhaite désormais embarquer ses fournisseurs pour qu’ils puissent lui fournir cet aluminium contenant 50 % de recyclé. « Notre chaîne d’approvisionnement doit être compatible avec les besoins et les attentes potentielles du marché », précise Marc Pivaudran, qui envisage cette nouvelle technologie comme « un complément de l’anodisation, plutôt qu’une alternative directe. » La feuille de route des trois partenaires est claire. « Sur les deux prochaines années, l’idée est de continuer à développer la technologie pour identifier les attentes du marché, conclut-il, avant d’installer une unité de production industrielle chez l’un de nous ou chez nous trois. »