«En France, le golf n'est pas aussi populaire qu'en Grande-Bretagne ou qu'en Irlande, regrette Claude Prigent, directeur de Carhaix Golf. Mais les gens y viennent petit à petit.» En Finistère, une dizaine existe, de 9 à 27 trous. Surtout, certains se structurent et se rénovent pour attirer un nouveau public. Le golf de l'Odet, par exemple, inaugurera son club-house réaménagé le 26octobre prochain. Le budget total des travaux, qui comprennent aussi la mise en place d'un système d'arrosage automatisé et plus économe, s'élève à 1,3M€. Mais le projet autour du golf de l'Odet est plus large. Il est prévu de construire neuf trous supplémentaires sur le grand parcours pour atteindre 27 trous grands parcours et 9 trous compact (mini-parcours initiatique). Surtout, à plus long terme, la CCI, propriétaire de l'équipement, veut y adosser un hôtel de standing et une zone économique tertiaire. «Les golfeurs anglais et irlandais descendent directement de Roscoff vers le Morbihan car nous n'avons pas les infrastructures nécessaires pour les accueillir. Nous voulons capter cette clientèle», explique Jean-François Garrec, le président de la CCI.
Une franchise à Carhaix
Du côté du Centre-Bretagne aussi, le golf évolue. Créé en 2005 par Claude Prigent, par ailleurs président de l'entreprise Yprema (recyclage des matériaux), Carhaix Golf est celui «avec le plus grand potentielen Bretagne». Avec 16ha exploités, 73 licenciés, neuf trous et quatre salariés, il est sans doute l'un des plus petits. Pour grandir, l'entrepreneur a fait le choix de la franchise avec le groupe NGF, devenant un Daily Golf. «C'est leur formule la plus petite, explique Claude Prigent. Cela va nous permettre de bénéficier de leur savoir-faire, avec des formations pour les salariés.» La politique commerciale aussi va changer. «Nous aurons des forfaits où seront compris l'accès au terrain et les cours. On n'aurait pas osé auparavant, mais eux ont l'expérience», ajoute-t-il. En effet, entre les clients qui viennent rarement et les autres souvent, l'occupation du golf s'équilibre et il est possible de répondre à la demande. Car l'enjeu pour tous les golfs est le nombre de membres. «Pour équilibrer ses comptes, il faut environ 200 membres pour un neuf trous, 400 pour un 18», résume Claude Prigent. Les forfaits «all-inclusive» sont ceux qui se vendent en majorité. «Nous avons 580 abonnés», annonce Jean-Luc Le Roux, directeur du golf de l'Odet, géré en délégation de service public pour 15 ans (depuis 2010) par le groupe Blue Green. À ceux-ci s'ajoutent 80 débutants et surtout, 9.000 green fees par an, ces golfeurs de passages. Du côté de Brest, les trois golfs de l'Iroise (260 abonnés, propriété de la CCI de Brest), de Pen ar Bed (250) et des Abers (600) sont gérés par Emmanuel Coulon. Le chiffre d'affaires consolidé de ces deux derniers golfs atteints 1M€. «On ne gère pas un golf pour gagner de l'argent», explique celui qui a choisi ce métier par passion, dès sa sortie de l'école de commerce de Reims. Quant à l'image de sport de riche, il la réfute un peu. «Bien sûr, c'est un fait, il y a pas mal de professions libérales, de cadres et de patrons. Mais justement, on chercher à s'ouvrir à tous les publics. Ne serait-ce que parce que le marché des gens riches ne peut pas suffire à faire vivre un golf!», sourit-il.
Tourisme Carhaix Golf qui devient une franchise, le golf de l'Odet qui inaugure son club-house rénové en octobre... Le Finistère tente de séduire les golfeurs.