Gitec Constructions : Le constructeur arrageois lance la maison passive low cost

Gitec Constructions : Le constructeur arrageois lance la maison passive low cost

Près d'Arras, la société Gitec doit faire face depuis 2008 au ralentissement de son secteur d'activité. Pour se différencier et trouver un nouvel élan, elle a travaillé sur le projet Cocoon 2020 : un concept de maison passive revisitée, plus accessible sur le plan financier et facilement reproductible.

Laurent Leclecq dirige la société Gitec Constructions basée à Anzin-Saint-Aubin et spécialisée dans la construction de maisons individuelles. Il est également président de l'UMF (Union des Maisons de France) pour la région Nord - Pas-de-Calais, Somme, Aisne. Pour faire face à la baisse enregistrée par son secteur d'activité depuis le début de la crise, le dirigeant a lancé le projet Cocoon 2020 qui repense la maison passive. Un projet qui doit permettre de donner un nouveau souffle à l'entreprise mais aussi d'anticiper l'évolution de la réglementation du marché vers la RT 2020. La maison témoin a été inaugurée en novembre dernier et le dirigeant n'hésite pas à la qualifier de « projet avant-gardiste », qui « permet de se différencier de et susciter l'envie. Aujourd'hui on ne s'attend pas à une sortie de crise mais à une adaptation du marché », commente Laurent Leclercq.

L'optimisation des coûts
Avec le projet Cocoon 2020, Laurent Leclercq a innové dans le domaine de la maison passive, en se concentrant d'abord sur son accessibilité financière. « En dix ans les mentalités ont évolué et aujourd'hui les gens sont prêts à sacrifier quelques m² au profit de la performance énergétique. » Un bon point pour la maison passive mais pour autant, le dirigeant a concentré ses efforts sur le prix. Son objectif n'est pas d'avoir une maison vitrine de son savoir-faire mais une maison commercialisable. « Cette maison démarre à un coût de 1.600 € par m² contre 2.000 à 3.000 € pour une maison passive classique », indique le dirigeant.

Une conception particulière
Pour y parvenir, Gitec n'a pas conçu cette maison passive de manière classique, avec du bois et une isolation par l'extérieur. « Nous avons cherché la performance mais au coût le plus bas possible », explique Laurent Leclercq. Pour cela, l'isolation est constituée par des murs en béton cellulaire de 30 cm d'épaisseur, complété par une couche de polyuréthane projeté. Sur le bâti, la construction reste traditionnelle afin de limiter les coûts. La dalle est donc non isolée et surmontée d'une dalle flottante, isolée cette fois, grâce à du polyuréthane. Pour supprimer les ponts thermiques, tous les éléments ont été repensés : les coffres de volet ont été spécialement conçus par des industriels pour ne pas mordre sur les murs. De même, les appuis de fenêtre sont en polystyrène et résine pour s'adapter parfaitement à la structure. Enfin, du côté de la forme de la maison « nous sommes partis sur un cube », souligne Laurent Leclercq. Et de préciser : « Cette forme permet d'optimiser les coûts, de limiter la surface d'échanges avec l'extérieur et préserve un maximum de volume à l'intérieur. Elle permet aussi d'optimiser l'emprise au sol et répond à toutes les expositions possibles puisqu'on peut tourner le cube à 90 °C ».

Anticiper la RT 2020
La maison née grâce au projet Cocoon 2020 répond donc au label allemand "passivhaus" et sa consommation annuelle de chauffage se chiffre en moyenne à 25 euros. « Au global, cette maison est 2,5 fois plus isolée qu'une maison RT 2012 et répond aux exigences de la future RT 2020. Côté prix, elle est 20 % plus chère qu'une maison répondant à la RT 2012 », affirme le dirigeant. Le délai de construction est d'un an. À ce jour, Gitec Constructions a un rayon d'action situé dans les 50 km autour d'Arras.

Gitec Constructions
(Anzin-Saint-Aubin)
Dirigeant : Laurent Leclercq
CA : 2,5 M€
15 salariés