Le président du club de rugby Union Bordeaux Bègles, Laurent Marti, explique sa stratégie pour augmenter ses recettes issues du sponsoring, des places, des droits télévisés, des collectivités et des produits dérivés. « Quand je suis arrivé à l'UBB, le club se trouvait en ProD2, et je me suis dit qu'il fallait monter en Top14, se souvient Laurent Marti, président de l'Union Bordeaux Bègles. J'ai gardé la même logique quand le club est monté en Top14 : avoir un objectif ambitieux. Il faut remporter le bouclier de Brennus. Cela dit, je me suis bien gardé de dire qu'on allait le gagner dans 3 ans, 5 ans... ».
Hier soir, lors du Business Kfé du Medef Gironde, en partenariat avec le Journal des entreprises, Laurent Marti reconnaissait la difficulté de sa tâche. Après la défaite sur le fil face au Stade toulousain le week-end dernier, l'UBB pointe à l'avant-dernière place du championnat. « Avec un budget comme le notre, de 11M€, face à un budget de 33M€, ça reste difficile, notamment sur le banc ».
Le club girondin tire son chiffre d'affaires à 45% du sponsoring, à 30% des places, à 13% de la ligue et à 8% des collectivités. Le solde, 4%, provient des produits dérivés. « Nous devons développer nos recettes dans tous les domaines, déclare Laurent Marti. Le domaine où nous sommes le plus en retard est les produits dérivés. Mais pour faire mieux il nous faudrait des résultats, voire un titre ». « Canal+ nous a marché dessus »
Le club souffre également des faibles recettes issues des collectivités : « Nous sommes avant-dernier du Top14 dans ce domaine. Nous profitons de 850.000€, là où un club comme Toulon bénéficie de 4,1 M€. Quand on est à ce point en dessous de la moyenne, on est en droit de dire aux collectivités : aidez-nous un petit peu ». Le président de l'UBB espère également voir les droits télé du rugby augmenter lors du prochain appel d'offres : « Canal+ n'avait pas de concurrent et nous a marché dessus en nous donnant 30M€. Dans le même temps, le football obtenait 600M€. Le contrat finira par être renégocié, et il sera revalorisé. Le rugby est actuellement sous-payé ».
En ce qui concerne le sponsoring, Laurent Marti reconnaît profiter d'un réel soutien. Et déclare avoir conscience que les entreprises en attendent de plus en plus, la crise économique accentuant ce phénomène : « le sponsoring doit changer. Les partenaires veulent une relation privilégiée avec le club, avec les joueurs après les matchs. Nous ne pouvons plus nous contenter d'offrir un panneau au bord de la pelouse ».
Enfin, l'UBB peut également mieux faire sur les ventes des billets et abonnements. « Grâce aux matchs joués à Chaban-Delmas, nous nous sommes classés au 4e rang en terme d'affluence l'année dernière, derrière Paris, Toulon et Clermont-Ferrand. Une telle fréquentation, c'est magique ! Cela donne envie de continuer ».
Sur la photo : Laurent Marti lors du Business Kfé du Medef Gironde, en partenariat avec Le Journal des entreprises
120 personnes assistaient à la soirée Business Kfé Medef Gironde/Journal des entreprises, mercredi 10 octobre, et ont pu entendre les propos de l'invité du jour : Le président du club de rugby Union Bordeaux Bègles, Laurent Marti, venu expliquer sa stratégie.