Aéronautique : en plein envol 2012 a été marquée par un essor remarquable dans le secteur. Cette embellie touche particulièrement l'aviation commerciale avec des nombreuses commandes pour Airbus, Boeing, ATR et Eurocopter qui ont boosté la production. Ce dynamisme a rejailli positivement sur l'activité des sous-traitants du secteur. S'agissant des avions d'affaires, le marché parait sortir progressivement de sa torpeur sans retrouver toutefois les niveaux d'avant crise, en particulier pour le segment haut de gamme. «On note cependant un léger fléchissement de cette hausse au 3e trimestre qui incite les entreprises à se montrer prudentes pour 2013. Notamment dans le secteur de l'armement, les perspectives sont négatives, indique Xavier Esturgie, vice président de l'UIMM Aquitaine. En dehors de l'aéronautique, les autres secteurs de la métallurgie stagnent ou régressent à part quelques niches dans le matériel médical, le nucléaire et le secteur pétrolier.»
Viti-vini : niveau record en valeur
Les sorties de chais poursuivent leur progression en 2012 pour atteindre 5,7 Mhl, soit 4% de plus par rapport à la campagne précédente. «Nous retrouvons désormais le niveau de l'été 2008 avant que la crise mondiale ne précipite leur niveau à 4,7 Mhl, indique le CIVB. Ce redressement, qui s'opère depuis 2009, s'explique par une forte progression des exportations tirées par les pays tiers (+25% sur les douze derniers mois) et sur l'Europe (+7%). De juillet 2011 à juillet 2012, 2,33 Mhl de vins de Bordeaux ont été exportés (+17%), soit 310 millions de bouteilles, pour un chiffre d'affaires de 2,3 milliards d'euros (+28 %), atteignant ainsi un niveau record. On note qu'en 2012 le Royaume-Uni a retrouvé sa première place en valeur devant la Chine. Autre tendance : les ventes en GMS françaises ont cependant stagné sur cette dernière campagne.
Agroalimentaire : une année en demi-teinte
Malgré le manque de données chiffrées sur ce secteur, il semble que l'industrie agroalimentaire en Gironde (27% du chiffre d'affaires de l'agroalimentaire en Aquitaine) a davantage maintenue son activité en 2012 que d'autres secteurs industriels. En termes d'emploi notamment ce secteur a mieux résisté. Cependant pour Agathe Couvreur, délégué général de l'Ardia (Association régionale pour le développement des industries alimentaires d'Aquitaine), la période reste difficile. «La flambée du coût des matières premières se répercute sur le coût de revient des sociétés de l'agroalimentaire. D'autres facteurs interviennent tels que le coût croissant de l'énergie, de la logistique, de l'emballage... et une tendance à la baisse du budget alimentaire par foyer. Les marges de ces sociétés baissenet, notamment dans les secteurs de la volaille et de la viande où les distributeurs verrouillent l'évolution des prix. Il y a une grande prudence en terme d'investissement.»
Construction : une concurrence accrue
Alors qu'au niveau national et aquitain la tendance est à la baisse, la Gironde a maintenu son activité dans le secteur de la construction. Les grands projets sur la Cub ont soutenu l'activité, mais aussi attirés des entreprises extérieures, accentuant la concurrence.«Résultat, les entreprises girondines souffrent de baisses de prix. Leurs marges sont complètement réduites. C'est une spirale infernale, note Bruno Garabos, président de la FFB Gironde. On voit aussi beaucoup de chantiers annoncés par les collectivités locales qui ne démarrent pas faute de financements». De plus, 2012 a été marquée par un essoufflement au niveau du logement privé, les investisseurs se montrant prudents face aux incertitudes des nouveaux dispositifs destinés à les soutenir (Duflot remplaçant le Scellier, PTZ ...). «Au final, les entreprises maintiennent autant que possible l'emploi au détriment de leur trésorerie.»
Tourisme : en recul par rapport à 2011
Les bons résultats d'août et de septembre n'ont pas compenser un mauvais début de saison, la baisse du pouvoir d'achat des ménages français et une moindre fréquentation de la clientèle européenne. «Au final 2012 serait en recul par rapport à 2011, en précisant toutefois que 2011 avait était assez exceptionnelle avec des niveaux records en termes de fréquentation et de nuitées», indique Olivier Chanut, Dg du Comité départemental du tourisme de la Gironde. La restauration aurait été la plus impactée. L'hôtellerie, moins active qu'en 2011, aurait cependant atteint un niveau supérieur (+4%) à celui de 2010. Les visites de sites (châteaux, jardins...), l'oenotourisme et la destination Bordeaux seraient restés très attractifs.
En 2012, l'activité économique s'est maintenue dans les secteurs clés de la Gironde. Mais mis à part l'aéronautique et le monde viti-vinicole portés par une embellie, la morosité est de rigueur. Les marges sont en bernes et les entreprises fragilisées.