Le Journal des Entreprises : Quelle a été la part de Sénalia dans les exportations céréalières de Rouen pour la campagne 2015-2016 ?
Gilles Kindelberger : Notre part a atteint 57,11 % avec 5,21 Mt exportées via nos installations de Grand-Couronne et de la Presqu’ile Elie. C’est le tonnage chargé le plus important depuis la création du groupe.
Quelles seront les conséquences de la mauvaise récolte 2016 sur vos activités ?
G.K. : La campagne céréalière 2016-2017, qui a démarré le 1er juillet, s’annonce particulièrement mauvaise. Au lieu de 42 Mt de blé en 2015, la France a récolté cette année, un peu plus de 28 Mt. Ce différentiel affectera la capacité exportatrice, et en premier lieu, celle de Rouen, qui demeure le premier port exportateur de céréales d’Europe occidentale.
Vous sentez-vous à armes égales avec les ports du Nord pour affronter cette nouvelle donne ?
G.K. : Nos meuniers et amidonniers se trouvent confrontés cette année à une offre réduite de blés français. L’importation est une voie exploitée par les industriels, mais les contraintes vétérinaires appliquées sur le port de Rouen limitent sa capacité, au profit des ports du Nord, beaucoup plus libéraux. Les marchandises importées en France viennent principalement par camions, alors que les navires ont été déchargés sur les ports belges et hollandais. Nous ne sommes pas traités à armes égales, alors que nous avons la capacité technique.