Vous poussez un coup de gueule contre les collectivités locales, pourquoi ?
« Plusieurs élus, pas tous, n'ont pas compris que la commande publique peut permettre à des entreprises locales de créer, au pire de conserver des emplois. Aujourd'hui, de nombreux chantiers sont confiés, via des appels d'offres tout à fait légaux, à des entreprises d'autres départements ou régions. C'est inconcevable en temps de crise. Notre secteur est dévasté, nos adhérents souffrent. Nous ne voulons pas jouer les pleureuses et souhaitons avoir un message positif auprès du grand public en leur disant de faire appel à vous. Le conseil général, les mairies ou les communautés de communes ne jouent pas le jeu. »
En ligne de mire, vous ciblez le recours à de la main-d'oeuvre étrangère...
« Le principe est tout à fait légal, nous ne le contestons pas. Mais en confiant des marchés publics à de gros intervenants nationaux, cela ne fait pas jouer la sous-traitance locale comme espéré. On voit arriver sur les chantiers des travailleurs portugais, roumains, tchèques qui certes sont payés au tarif français mais ne comptent pas leurs heures. Je prends l'exemple de l'hôpital de Quintin. Il n'y a qu'à regarder les plaques d'immatriculation des véhicules. »
Que proposez-vous dans ce contexte ?
« Nous demandons à nos politiques de faire jouer la carte locale dans le respect de la réglementation. Pour les appels d'offres, il faut arrêter avec les macro-lots. Prenez le chantier de la passerelle de la gare de Saint-Brieuc. Saint-Brieuc Agglomération met sur la table 4 grands lots là où l'on peut en proposer 15. Personne dans les Côtes-d'Armor ne peut y répondre. »