Giboire : « J'ai transformé un immeuble neuf de bureaux en hôtel Campanile »
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Giboire : « J'ai transformé un immeuble neuf de bureaux en hôtel Campanile »

Immobilier L'immeuble Antarès a été construit en 2008 par le groupe Giboire à Saint-Jacques. Destiné à accueillir des bureaux sur 3.300 m², il tardait à trouver preneur. Pour ne pas le laisser vide, le promoteur l'a transformé en hôtel.

« Lorsque nous avons acheté le terrain du rond-point de la Gaîté à Saint-Jacques-de-la-Lande, il était convenu avec la ville que nous y installerions des bureaux, se souvient Michel Giboire, président du directoire d'OCDL Groupe Giboire. 3.300 m² de surface utile de bureaux sont prévus, et les travaux démarrent en 2008, en blanc. C'est un risque important. Malheureusement, la commercialisation s'est mal passée. Au bout de trois ans, l'immeuble est toujours vide ! Je n'ai pas vraiment d'explication. D'autant que tout le monde reconnaît que le bâtiment est sobre, élégant au niveau architectural, pas de taille démentielle, divisible, il dispose même de 80 places de stationnement en sous-sol. Nous l'avons aussi estimé à un bon emplacement : sur un axe passant, visible depuis la rocade, à 200 mètres de l'échangeur... De plus, le positionnement prix était celui du marché, autour de 150 € HT/m² aménagé, à vendre ou à louer. Nous avons même tenté de baisser le prix. Rien. L'immeuble avait beaucoup d'atouts, mais je me suis trompé ! J'en ai eu marre, et quand ça ne marche pas, il faut trouver des solutions. Et surtout, sans le démolir !




Convaincre Rennes Métropole

Nous avons pensé à le diviser en résidence service, puis nous avons eu des contacts avec plusieurs hôteliers. On s'est dit que l'idée d'un hôtel n'était pas idiote, mais ce n'était pas prévu dans la charte de Rennes Métropole. Nous avons demandé une autorisation, ça a été long, car un autre hôtel était déjà prévu à La Courrouze, mais finalement accepté. Nous prévoyons alors 79 chambres sur 2.500 m², le reste toujours en bureaux. La totalité a été vendue à un investisseur privé, qui se charge de louer lui-même la partie bureaux. Ce qui ne marchait pas avec 3.300 m² marche aujourd'hui sur 600 m². Il ne reste que 175 m² à louer au 2e étage. On ne s'est pas trompé tant que ça, finalement !




7M€ investis

Même si pour nous ça a été une très mauvaise opération, qui a mobilisé de l'argent pendant 5 ans. Et en plus, nous avons dû casser une partie pour créer l'hôtel. Coût total pour le promoteur : 7 M€. Nous avons cassé les dalles 79 fois pour faire passer un point d'eau par chambre pour faire aussi 79 salles de bain. Nous avons réalisé l'hôtel clé en main pour l'investisseur (sauf la fourniture du linge) : Louvre Hôtel a des normes pour tout et il fallait toutes les respecter. Le mobilier, les rideaux, même la théière dans un Campanile est la même dans toutes les chambres. Louvre Hôtel nous a même donné les coordonnées de ses fournisseurs. Quand on passe d'un immeuble de bureaux à un hôtel, tout est plus compliqué : les murs n'ont pas les mêmes épaisseurs, les fenêtres sont plus nombreuses et nous avons dû en mettre deux pour une chambre. Résultat, cela coûte aussi plus cher en aménagement car il faut deux tringles et deux rideaux. Le plus compliqué a été de changer son fusil d'épaule en cours de route. Mais le métier de promoteur est risqué, parfois on gagne, parfois on perd ».

Groupe Giboire



(Rennes) Président : Michel Giboire 165 salariés www.giboire.com

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