2012 est un tournant qu'il ne faut pas manquer pour Germicopa. Au premier janvier, sa variété phare de pomme de terre, la Charlotte, est tombée dans le domaine public. «Tout le monde peut désormais la commercialiser», indique Éric Bargy, P-dg de Germicopa. Les concurrents de l'entreprise de création et ventes de plants de pommes de terre quimpéroise ne manqueront pas de créer des surfaces de plantations de Charlotte. «On risque la surproduction et donc la baisse des prix.On est à -60€ la tonne en moyenne.» Première mesure: diminuer ses propres surfaces pour la Charlotte. Mais celle-ci représente tout de même 15.000 tonnes des 80.000 vendus par Germicopa cette année. De plus, la conjoncture n'est pas très bonne. Germicopa exporte 50% de sa production, surtout en Afrique, Moyen-Orient et... Europe du Sud. «En Espagne, les producteurs n'ont pas de trésorerie pour payer les plants, remarque Éric Bargy. Quant à la Grèce, je n'en parle même pas!» Côté prix, le printemps 2011 pluvieux a entraîné une production de pomme de terre de consommation très excédentaire. «Les prix sont en baisse à l'export.Notre chiffre d'affaires est d'ailleurs en baisse cette année malgré un tonnage en hausse.»
Sept segments stratégiques
«Mais faire face à la météo, cela fait partie du métier, assure le P-dg. Nous avons sept segments stratégiques.» Ce sont justement ces secteurs que l'entreprise actionne comme des leviers. La Charlotte est le premier. Puis viennent la vente de plants de pomme de terre pour le jardin; la vente aux collecteurs pour la grande distribution (GMS); l'agrofourniture (ventes aux exploitants directement) qui se fait beaucoup à l'export (90%); la transformation industrielle (les frites de McCain, les chips, etc.), la fécule de pomme de terre pour la papeterie et l'agroalimentaire et, enfin, le marché des royalties. «Nous laissons d'autres entreprises commercialiser nos plants, sous licence. C'est le cas en Argentine, au Chili, en Amérique du Nord et au Japon.»
Remplacer la Charlotte
Dans le cas de la Charlotte, le problème est difficile mais peu complexe. La variété phare n'est plus protégée, il faut la remplacer. «Les collecteurs et conditionneurs à qui nous vendons nos plants sont ceux qui choisissent les variétés qui seront présentes en magasins pour les consommateurs. Dans les filets par exemple», explique le P-dg. Germicopa pousse donc auprès d'eux, deux autres de ses variétés: la princesse Amandine
«L'idée est qu'elles remplacent la Charlotte.» Toujours protégées, ces variétés ont un positionnement qualité. «Car sur le marché de la pomme de terre, l'élasticité est inverse, explique le P-dg. On ne vend pas mieux si c'est moins cher, au contraire. Les consommateurs recherchent la qualité. Et à 1,30€ le kg au lieu de 1€ le kg, la différence n'est pas excessive.»
Isabelle Jaffré
Germicopa
(Quimper) P-dg: Éric Bargy 75 salariés 43M€ de chiffre d'affaires 0298100100