Fondée il y a 35 ans, l’entreprise Gerlon (8,5 M€ et 45 salariés) s’est transformée au fil des ans. Historiquement spécialisée dans les laines d’acier et les brosses pour l’entretien des meubles en bois, elle a dû faire face à un marché en déclin. "Quand on est sur un marché en perte de vitesse, il faut savoir réagir vite car les clients risquent de partir, analyse Sébastien Chapotard, troisième génération à la tête de l’entreprise. La société a été obligée de se réinventer."
Fin 2023, son plus gros client, Leroy Merlin, lui demande de réfléchir à un produit pour son rayon bricolage qui répondrait aux fortes sensibilités environnementales des consommateurs. "Le souci, c’est que les consommateurs veulent un produit plus respectueux de la nature mais qui fonctionne c’est-à-dire qu’il soit aussi performant que celui qu’ils connaissent", explique-t-il.
Un vinaigre ultra concentré d’origine naturelle
Gerlon met alors au point un vinaigre ultra concentré à 23° (à titre de comparaison, le vinaigre alimentaire est généralement concentré à 8° et celui commercialisé dans les rayons de bricolage à 14°). "Le flacon est gradué pour permettre la dilution à la concentration souhaitée. Les ingrédients sont 100 % d’origine naturelle car le vinaigre provient de fruits et légumes fermentés", détaille Sébastien Chapotard.
Le flacon est une poche souple fabriquée en France. Elle est composée à 50 % de matériaux recyclés et est 100 % recyclable. "Il y a 92 % de plastique en moins par rapport à un flacon classique. Le produit a rencontré le public, les ventes sont vraiment bonnes", se satisfait-il sans pour autant s’épancher sur les volumes écoulés. Seule indication chiffrée, pour l’année en cours, il vise un chiffre d’affaires de 10 millions d’euros.
1,1 million d’euros investis
Le produit, co-construit avec Leroy Merlin, est également en vente chez Bricomarché, Bricorama, Mr. Bricolage. Mais le dirigeant le sait, il n’est pas le seul sur ce créneau. "On ne peut pas le breveter, on sait que la concurrence sera bientôt là ", dit-il lucide. Alors, avec plus de 600 références au catalogue, lui et ses équipes de marketing et de commerce planchent déjà sur d’autres innovations. "Nous avons investi 1,1 million d’euros pour le lancement de cette nouvelle gamme et l’acquisition d’une nouvelle ligne de conditionnement plus performante. Nous allons poursuivre notre modernisation", prévient le dirigeant.
Innover pour exister
Et d’ajouter : "Nous avons toujours su adapter notre activité à la réalité du marché et à la demande de nos clients. Il y a un peu plus de dix ans, un client nous demandait de faire des produits de cirage et c’est ainsi que nous nous sommes retrouvés sur le marché des produits de droguerie. C’est le propre de toute société de se réinventer, de proposer un plus au produit, de faire différemment, d’innover", conclut-il.
D’autres investissements sont à venir. L’usine qui contient sept lignes de production pourrait en accueillir une nouvelle, exclusivement dédiée au vinaigre ménager à diluer. "Il y a un cap à passer, il nous faut monter en cadence pour persister sur ce marché très bataillé", insiste Sébastien Chapotard.