Depuis 1995, Gérard Cerruti est le patron de la première union patronale de France. Fin mai, il a signé pour un sixième mandat à la tête de cette Union patronale du Var, qui est aujourd'hui la tête de pont de l'économie locale. Après 15 années de combat, c'est toujours avec la même ardeur que «cet homme de consensus», selon les mots de Joël Martin, son vice-président, entend défendre l'entreprise, leur performance et leur développement. Un rôle qui lui réussit plutôt bien puisque durant les trois dernières années, il a également été la voie de la région pour le Medef et l'union patronale. Si ces mandats régionaux lui ont récemment échappé, Gérard Cerruti n'en reste pas moins persuadé qu'au-delà des éventuelles divergences d'idées, c'est sur le terrain et au plus près des entreprises locales que le combat syndical se mène. «Il porte l'entreprise au sens noble du terme. Les clivages sont toujours relayés au second plan et si l'union perdure encore aujourd'hui, c'est aussi grâce à Gérard Cerruti», souligne Joël Martin.
Un homme d'action
Mais le patron des patrons varois est aussi président du conseil de développement de TPM, premier vice-président de la CCI du Var et bien sûr entrepreneur actif dans une entreprise de 500 personnes. De quoi occuper ses journées... «Mais pas ses week-ends, qu'il a toujours et sans exception réservés à sa famille». Aucun mandat n'est négligé: «Je ne fais pas la politique de la chaise vide et lorsque j'ai des responsabilités, c'est pour partager mon expérience», explique-t-il. S'il arrive à tout concilier, c'est notamment parce qu'il ne sort pas de son rôle. Les strass et paillettes, il préfère les laisser aux autres pour se concentrer sur l'action. D'ailleurs ses mandats ne sont pas pour lui une occasion de parader. «Il n'aime pas forcément ça». Et puis, son repos, il admet le trouver de temps en temps en voiture, lorsque son chauffeur le conduit sur les routes du Var et de la région. Mais avant d'être président de l'UPV, Gérard Cerruti est un patron attaché à son entreprise. Lorsqu'il est devenu président de l'union en 1995, il avait ainsi annoncé: «Lorsque j'aurais fini d'être président, je veux toujours avoir mon entreprise».
P-dg à 36 ans
Tombé dans la marmite de l'entrepreneuriat dès le plus jeune âge, il a débuté sa vie professionnelle à l'âge de 24 ans. Il est alors directeur technique de la société Cerruti, spécialisée dans la fabrication de béton et créée par son père. «J'ai eu la chance d'avoir un père avant moi qui m'a mis le pied à l'étrier. Il m'a offert la possibilité de faire des choses, de m'exprimer, mais attention, je sais aussi que dans une situation comme celle-ci, on peut tomber plus vite et rien ne vous est alors épargné», raconte Gérard Cerruti. En 1983, «c'est l'accident de parcours», selon ses termes. Il n'a alors que 36 ans et se retrouve propulsé à la tête de l'entreprise familiale, qui réalise alors 45M de francs de CA avec une centaine de salariés.
Entrepreneur insatiable
Devenu précipitamment P-dg, il endosse ses nouvelles responsabilités, se prend au jeu et développe la société jusqu'au jour où un groupe national lui fait une proposition de rachat. «J'ai refusé. Ils sont revenus une seconde fois, j'ai encore dit non. À la troisième, leur offre était suffisamment alléchante...». Il a alors 44 ans, «de quoi se retourner», mais pas grand-chose à faire de ses journées. Dès 1993, il trouve une affaire à reprendre, la SA Meynier nettoyage industriel, qu'il va développer par croissance externe avant de créer la SAS Estra en 2001. Il y découvre un métier qui lui était totalement inconnu, un métier «sous estimé et mal estimé, au sein duquel la relation avec les salariés est primordiale». Parallèlement, il développe la SA blanchisserie Grenat, qui sera vendue au groupe Elis en octobre2009 à la deuxième proposition... Par contre, pas question de céder Estra, une entreprise qui compte désormais 500 salariés, réalise un CA d'un peu plus de 7M€ et rayonne de Monaco à Cassis. Une entreprise qu'il conserve d'autant plus volontiers que son fils le rejoint d'ici à 2011. Au programme: développer l'affaire sur Marseille, Avignon, Valence et Lyon.
Gérard Cerruti a été réélu pour un 6e mandat à la présidence de la première union patronale de France. Chef d'entreprise avant tout, il entend placer les entrepreneurs de terrain au coeur de ses réflexions futures.
Hélène Lascols