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GazelEnergie et Q Energy ont mis en service leur centrale de stockage de l’énergie, à Saint-Avold en Moselle
Moselle # Production et distribution d'énergie # Investissement

GazelEnergie et Q Energy ont mis en service leur centrale de stockage de l’énergie, à Saint-Avold en Moselle

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L’énergéticien GazelEnergie, filiale du groupe tchèque EPH, associé au spécialiste francilien des énergies renouvelables Q Energy, a rassemblé un total de 20 millions d’euros pour démarrer un site de stockage de l’énergie électrique sur le site de la centrale Emile-Huchet, en Moselle.

Les ambitions de GazelEnergie dans la production d’hydrogène sont liées à la conversion du sidérurgiste allemand SHS — Photo : Q Energy

C’est une petite pièce dans un puzzle complexe. 24 conteneurs contenant des batteries pour un total de 35 MW de puissance et d’une capacité de stockage de 44 MWh viennent d’être mis en service par l’énergéticien GazelEnergie (500 salariés, 3 Md€ de CA), filiale du groupe tchèque EPH, et Q Energy, spécialiste francilien des énergies renouvelables.

Les sites de stockage se multiplient dans le Grand Est

À l’heure de son inauguration, cette centrale qui a nécessité un investissement de 20 millions d’euros revendique le titre précaire de "plus importante centrale de stockage d’énergie du Grand Est" : près de Reims, le projet porté par le spécialiste des énergies bas carbone TagEnergy, en partenariat avec Tesla, pour une puissance de 240 MW et 480 MW de stockage, devrait rapidement bousculer la hiérarchie. Connectées au réseau électrique français, les centrales de stockage de l’énergie doivent faciliter l’intégration des énergies renouvelables, par nature intermittente, en délivrant de l’énergie en cas de pic de consommation ou de manque de production.

L’ambition de transformer le site de la centrale à charbon

"Cette centrale s’inscrit pleinement dans un modèle de développement que nous défendons avec conviction : installer des grandes centrales de stockage sur des sites industriels", souligne Corentin Sivy, directeur développement de Q Energy France. Mais sur le site de la centrale thermique au charbon Emile-Huchet, à Saint-Avold, c’est autre chose qui se joue. "Ce projet de stockage d’énergie incarne notre ambition de transformer le site Émile Huchet en une véritable éco-plateforme dédiée à la production d’électricité et de services aux systèmes électrique aux énergies vertes. Il démontre notre volonté d’investir en France", affirme Frédéric Faroche, président de GazelEnergie.

Les échéances se rapprochent

Ne générant aucun emploi, cette installation de stockage de l’énergie électrique montre que la reconversion de la centrale Emile-Huchet avance tout doucement. Actuellement, la vénérable centrale à charbon mosellane tourne à plein régime. Mais les échéances approchent : les contrats de 41 des 72 agents affectés à la centrale doivent s’arrêter au 31 mars prochain. Et l’État ne leur donne aucune perspective, pas plus qu’aux 150 salariés des sous-traitants. Les projets existent : GazelEnergie semble bien décidé à maintenir une production d’électricité à Saint-Avold.

Des projets et des investissements

Un premier scénario viserait à substituer une partie du charbon par des pellets à haut pouvoir calorifique, ou "black-pellets", fabriqués à partir de résidus forestiers. Ce projet, moitié charbon, moitié biomasse, impliquerait un investissement de 100 millions d’euros pour adapter les installations existantes. Deux autres scénarios sont sur la table, ceux de produire de l’électricité à partir de biogaz, comme le font déjà plusieurs centrales en France, mais à partir de gaz naturel d’origine fossile : cette centrale au biogaz reconditionnée à partir de l’existant, d’une puissance de 540 mégawatts, nécessiterait un investissement de 110 millions d’euros.

Les services de l’État au centre du jeu

Dernier scénario possible, la construction d’une centrale au biogaz entièrement neuve. Le projet représenterait un investissement bien plus conséquent, de 500 millions à 1,2 milliard d’euros, pour une puissance maximum 900 mégawatts. Quoi qu’il en soit, GazelEnergie espère y voir plus clair d’ici la fin de l’année 2024, les trois dossiers de la transformation d’Émile Huchet étant maintenant sur la table de la Direction générale de l’énergie et du climat.

Le stockage de l’électricité pourrait monter en puissance

Outre la reconversion de la centrale, d’autres projets sont à l’étude : l’énergéticien prévoit la mise en service d’une chaudière biomasse de 25 MW à l’horizon 2027 ou encore la construction d’une unité de production d’hydrogène bas-carbone pour un budget total de 780 millions d’euros d’investissement, avec 200 emplois à la clé. Une première tranche de 200 mégawatts pourrait être mise en service en 2027-2028, suivie d’une seconde tranche de 200 mégawatts en 2030. En attendant de trancher, le président de GazelEnergie confirme son intérêt pour le stockage de l’énergie grâce à des batteries, et veut monter en puissance le site d’Emile-Huchet. Pour une trentaine de millions d’euros, GazelEnergie veut en effet lancer une seconde phase, pour atteindre 65 MW de puissance. Et d’ici à 2026, l’énergéticien évoque même la possibilité d’atteindre les 100 MW.

Moselle # Production et distribution d'énergie # Investissement # Transition énergétique # ETI