French Tech Rennes : Un label et après ?

French Tech Rennes : Un label et après ?

Au-delà d'une belle opération de com' et de l'obtention d'une étiquette marketing, que va réellement apporter la French Tech au territoire ? Des précisions s'imposent.

« C'est maintenant que tout commence ! », a prévenu Emmanuel Couet, président de Rennes Métropole après l'obtention du label French Tech. « Ça change tout ! Ça nous met dans le hub, c'est une opportunité historique pour la ville de Rennes », se réjouit de son côté Sébastien Sémeril, premier adjoint au maire. Finalement, ce sésame décroché et au-delà d'une belle opération de com' surtout faite pour faire briller la France sur la scène mondiale sous un « étendard commun », que va-t-il vraiment se passer sur le terrain ? Quel impact pour la communauté rennaise ?




Une nouvelle pépinière en vue

Le réel impact est difficile à mesurer aujourd'hui, mais déjà quelques pistes émergent. La création d'abord, sous deux ans, d'une pépinière spécial « French Tech » pour entreprises numériques a été annoncée en conseil communautaire le 20 novembre dernier. Déjà en cours de construction par le groupe Legendre sur les Champs Blancs, ce nouvel équipement remplacera en fait deux pépinières existantes, Gallium et Germanium, quelque peu vétustes et dont on attendait le renouvellement... On passera de 3.780 à 4.634 m². Un projet dans les cartons, French Tech ou pas. Alors que le cahier des charges French Tech réclamait un seul « bâtiment totem », ce ne sera visiblement pas cette pépinière en ce qui concerne Rennes. C'est plutôt le Mabilay, plus central dans la ville, qui a clairement été identifié comme tel dans le dossier rennais. Mais sur ce point, c'est encore le flou : rien n'est signé avec le promoteur OTI (groupe Legendre). Ce pôle, de deux ou trois plateaux, pourrait accueillir la Cantine numérique et son Booster qui se cherchent, et donc également des entreprises numériques. « Le site logera des micro-entreprises qui développent des usages au niveau du numérique, et seront entourées de services opérationnels », annonce Sébastien Sémeril.




Des fonds supplémentaires ?

Côté financement, on parle de 200 millions d'euros à se répartir entre toutes les métropoles labellisées, pour « soutenir en France le développement d'accélérateurs de start-up privés », par l'intermédiaire de Bpifrance (dans le cadre des Investissements d'avenir). C'est vrai que les initiatives fleurissent en la matière à Rennes grâce à des entrepreneurs qui ont bien compris l'enjeu et l'intérêt fiscal : #LeBureau à KerLann, MV Cube de Mediaveille... D'autres initiatives hors métropole labellisée, comme la Nurserie des Guillemot à Malestroit (56) ou le Grenier d'Yves Rocher à la Gacilly (56), qui se revendiquent French Tech, recevront-elles d'ailleurs un quelconque soutien ? Pour l'instant, personne n'a encore reçu un seul euro de l'État. « 200 millions, c'est beaucoup et peu à la fois... Ça va se jouer sur la défiscalisation », temporise cette source de la place financière rennaise.




« Aucun moyen financier direct »

L'État qui, sur le site web officiel de la French Tech, indique d'ailleurs noir sur blanc à propos des « Métropoles French Tech » : « Ce label n'est associé à aucun moyen financier direct. » Que de l'indirect donc ! « Il y a beaucoup de marketing autour de la French Tech et une dynamique que bon nombre de métropoles n'ont pas aujourd'hui. Ça ne révolutionnera pas le monde mais cela a permis de remettre tout le monde autour de la table pour travailler dans le même sens », décrypte cet autre acteur rennais sous couvert d'anonymat.




Déjà des bourses, label ou pas

Bpifrance accompagne cette dynamique positive », confirme son directeur régional, Éric Versey. Précisons que l'institution finance déjà depuis le premier trimestre 2014 des projets de « jeunes entreprises » via la « bourse French Tech » (subvention de 30.000 €), label ou pas. En Bretagne, elles sont 13 à en avoir bénéficié (soit 390 K€) avant même l'obtention du label rennais. Elles s'appellent WipSea, WeEnjoy... et sont souvent hébergées dans des structures publiques. En résumé, on appelle un peu tout « French Tech » en ce moment. Pourvu que ça se vende, surtout à l'export !