Start-up, numérique, innovation, accélération... tous ces mots, piliers de la French Tech renvoient à des images d'agilité, de souplesse, de réactivité. Et pourtant... Même dans ce secteur en mouvement permanent, dans ce secteur où les start-uppers revoient chaque jour leur stratégie, dans ce secteur où des levées de fonds et des innovations majeures modifient quotidiennement, ou presque, le marché et les positionnements de chacun, l'État a réussi à fabriquer une machine à inertie. Car si French Tech a bel et bien impulsé une réelle dynamique aux quatre coins d'Auvergne-Rhône-Alpes, de Clermont-Ferrand à Annecy en passant par Saint-Étienne, Lyon, Grenoble ou Chambéry, les contraintes liées à cette labellisation semblent mal proportionnées en mobilisant, (et épuisant ?) les énergies locales. Un an et demi seulement après la première vague de labellisation et son lot de dossiers de dizaines de pages, le gouvernement vient d'opérer un renouvellement des labellisations French Tech. Les audits ont eu lieu fin 2015 au grand dam des équipes en région. Car si la mobilisation a bel et bien pris corps sur chacun des territoires concernés, le bilan concret reste encore pauvre. Ces premiers mois de labellisation ayant surtout été consacrés à la mise en place des organisations et des équipes. Cet acteur de la French Tech lyonnaise ne mâche pas ses mots : « Il faut qu'on nous laisse travailler et nous recentrer sur notre action locale ! » Et puis, qui peut imaginer une délabellisation après tant d'efforts déployés en communication ?
Stéphanie Gallo @email Twitter :@gallostephanie