« C'est un signe fort de notre engagement sur le long terme en matière d'innovation », estime Denis Blanc, directeur de Freescale France. Le site toulousain de l'américain Freescale, premier centre de R&D en Europe du groupe, veut aller de l'avant et « ne plus regarder dans le passé » (pour rappel, l'usine de production de Freescale Toulouse avait fermé en 2012). L'annonce est tombée à point nommé : dans le cadre d'une compétition interne mondiale opposant une dizaine de pays candidats, c'est Toulouse qui a gagné, en juin dernier. À la clé, l'installation d'un laboratoire dédié aux ruptures technologiques. « C'est une marque de reconnaissance dont nous sommes très fiers », se réjouit Denis Blanc. Une trentaine d'ingénieurs vont travailler sur une dizaine de projets très innovants, basés sur une idée qu'il leur faudra soumettre. Si cette dernière est sélectionnée, ils seront détachés à plein temps dans ce laboratoire. « Nous allons aménager un local sur notre site pour que ces personnels soient isolés et puissent se concentrer sans être perturbés par l'environnement », précise Denis Blanc. La sélection des premiers projets est en cours, pour un lancement dès septembre.
Un centre R&D en bonne santé
Pourquoi le site Freescale Toulouse a-t-il remporté cette compétition mondiale ? « Nous sommes déjà un centre de R&D, et nous sommes nombreux, donc plus à même de proposer des projets. Par ailleurs, Toulouse bénéficie d'un écosystème très nourri. » Avec 560 employés, le site toulousain est en bonne santé : une cinquantaine de personnes ont été recrutées en 2013, une vingtaine en 2014. Vingt-sept nationalités s'y côtoient. Et les embauches se poursuivent sur des postes ciblés : ingénieur de conception et de développement, métiers liés à l'analogique, la radio-fréquence et les capteurs. Le chiffre d'affaires (73 M€) n'est évidemment pas comparable à celui des années précédentes depuis l'arrêt de la production (220 M€ en 2011) mais il est envisagé « stable » sur les prochaines années. En parallèle, un remodelage du vaste site dans la zone de Basso Cambo est en cours. Depuis un an, deux surfaces de 7 hectares chacune ont été mises en vente, constituées d'une zone de parking et d'espace sportifs. Pas de repreneur pour l'instant. La démolition des bâtiments de l'usine de production se poursuit, remplacés à terme par un parking. La fin des travaux est prévue pour la fin de l'année.
Internet des objets et sécurité, deux axes forts
Avec comme clients des rangs 1 de l'automobile (Continental, Valeo, Bosch), des industriels et des acteurs des télécoms (Nokia Siemens Network, Alcatel Lucent), les ingénieurs de Freescale repoussent toujours un peu plus loin les limites de l'innovation sur leurs produits et leurs solutions. Avec depuis quelque temps un renforcement de leur positionnement sur l'internet des objet, et sur la sécurité. En voici trois exemple, dédiés à des applications grand public. Freescale Toulouse planche tout d'abord sur la deuxième génération de radar de voiture, sur le marché d'ici à la fin de l'année. Objectif ? « Créer un cocon de protection autour de la voiture pour anticiper les piétons, la voiture de devant qui freine, grâce à un boitier qui émet une onde à 77 Ghz », explique Jean Dalmon, ingénieur sur les produits radar. Un équipement ultra-performant qui agit sur la conduite de la voiture si besoin. « Notre cible est très clairement la voiture à conduite autonome », estime Jean Dalmon. Aujourd'hui, ce radar existe mais il couvre seulement le devant de la voiture. Toujours dans le domaine de l'automobile mais déclinable également dans d'autres applications, Freescale a mis au point un système intelligent de gestion de batterie. Ce dernier permet d'améliorer le système Stop & Start (coupure automatique du moteur à l'arrêt) qui équipe les voitures d'aujourd'hui . « Parfois, la voiture ne redémarre pas car la batterie est vide, développe Alexis Adenot, ingénieur d'application. Nous avons conçu un circuit innovant qui mesure l'état de santé et l'état de charge de la batterie. Si cette dernière n'est pas assez chargée, le système Stop & Start ne se mettra pas en marche. » Ce produit, en vente depuis la fin 2013, peut intéresser aussi toutes les applications qui ont besoin d'énergie et dont cette dernière doit être contrôlée : antenne de télécoms, défibrillateurs... D'autres produits s'intègrent dans le monde de l'internet des objets en plein essor, comme les capteurs : accéléromètre (capteur le plus petit du marché et à grande autonomie ; une grande marque sportive en a intégré dans une montre pour ses fonctions de podomètre, indications d'énergie et de distance), gyroscope (première génération en cours de commercialisation pour des applications de gaming ou de navigation) et magnétomètre (capteur de champ magnétique sorti en 2013).
Freescale
(Toulouse) Directeur : Denis Blanc 559 salariés (fin 2013) CA 2013 du groupe : plus de 4 Mds $ CA 2013 de Freescale Toulouse : 73 M€ www.freescale.com