Le PDG du groupe malouin Roullier (10 400 collaborateurs, 3,4 Md€ de CA) Jorge Boucas a annoncé début septembre vouloir recruter 6 500 personnes dans le monde à horizon 2030. Comment cela s’ajuste-t-il pour Timac Agro, sur son périmètre France ?
Nous sommes sur un plan de recrutement au niveau groupe, c’est une campagne qui est large. On cherche des "potentiels", des développeurs de notre business qui ont envie de faire carrière chez nous. Des ambitions, on en a !
Chez Timac Agro France, nous comptons près de 1 000 personnes. Notre équipe est stable, mais il faut toujours prévoir un renouvellement de générations. Nous sommes la société historique du groupe, avec 65 ans d’histoire. Nous cherchons à renouveler nos effectifs, notamment sur le terrain. On veut aussi continuer de croître.
Comment vos effectifs se répartissent-ils à l’heure actuelle ?
Nous avons trois métiers. Il y a d’abord nos experts, les technico commerciaux agronomes qui visitent au quotidien nos agriculteurs. Ça représente 400 postes dans toute la France. Ensuite, nous avons 350 personnes qui travaillent dans l’industrie. Nous avons huit sites industriels (dont deux usines à Saint-Malo et une à Pontrieux pour la Bretagne, NDLR), répartis dans des bassins avec des productions agricoles importantes. À Saint-Malo, le siège France historique, il y a aussi 100 personnes qui travaillent pour les services supports.
"J’ai la volonté de dynamiser notre présence sur le territoire français"
Vous êtes arrivée en septembre 2023 à la direction France de Timac Agro. Quelle est votre feuille de route ?
Je suis arrivée avec une ambition de croissance. La spécificité du groupe Roullier, c’est de donner aux dirigeants la liberté de toujours travailler pour une croissance. C’est dans ma stratégie depuis un an. J’ai la volonté de dynamiser notre présence sur le territoire français et d’apporter des solutions techniques (sur la nutrition animale et végétale) qui servent les besoins des agriculteurs et qui soient adaptées au défi climatique. Aujourd’hui, nous travaillons sur l’efficience des solutions que l’on apporte aux agriculteurs. 80 chercheurs au Centre mondial de l’innovation de Saint-Malo travaillent sur l’anticipation des changements climatiques. On renouvelle notre gamme sans arrêt, pour un meilleur rendement des cultures et une agriculture durable.
Quelles nouvelles solutions ont été lancées récemment ?
Depuis 1989, nous sommes pionniers dans les biostimulants. Nous avons récemment lancé la gamme ADN, pour stimuler la nutrition de la plante de manière rapide et durable. Les solutions que l’on propose, ce n’est pas que des minéraux. Il y a des additifs biosourcés et des brevets qui permettent de donner une nutrition à la plante ou à l’animal, dans des conditions spécifiques. Nous avons une expertise de solutions sur-mesure pour chaque culture (blé, colza, tournesol…), chaque sol et chaque cheptel.
Timac Agro France est partenaire d’Hectar, un accélérateur de start-up francilien cofondé par Xavier Niel (fondateur de Free, NDLR) et tourné vers l’agriculture régénératrice et durable. À quoi cette collaboration répond-elle ?
On compte plus de 190 partenariats avec le monde scientifique au niveau international. Dans le cadre du programme d’accélération Hectar, Timac Agro France a accompagné et conseillé, sur des thématiques aussi vastes que la R & D, le marketing ou l’internationalisation, une vingtaine de start-up qui nous ont semblé avoir le potentiel pour contribuer à l’agriculture de demain. On est toujours en veille de choses qui pourraient être liées à la nutrition végétale, au sol, à la fertilité des sols et à l’efficience de produits technologique de nutrition, animal ou végétal. Ce partenariat s’inscrit dans la volonté de notre entreprise de soutenir la compétitivité et la performance environnementale de l’agriculture française dans un contexte de mondialisation, afin de garantir la souveraineté alimentaire du pays à long terme.