Voilà un nouveau livre de chevet que tout candidat à la présidentielle devrait lire, pour avoir pleinement conscience de ce qui l’attend. Et surtout de l’héritage qu’il touchera une fois élu… Délégué général du Medef Bretagne, Frédéric Duval signe un ouvrage sur la « dette, fiscalité, chômage : le scandale français » (Mareuil Éditions). Après avoir dénoncé les travers de l’écotaxe dans un premier ouvrage, l’auteur rennais récidive. Dès les premières lignes de sa nouvelle démonstration, il attaque. Frédéric Duval plonge le lecteur au cœur de l’économie française de ces quatre dernières décennies avec, pour fil rouge, l’inquiétant gonflement des dettes publiques. « Sans concession », il évoque nos « petites lâchetés collectives » et les « subtilités », pour mieux décrypter la situation économique catastrophique de notre beau pays pourtant plein d’atouts. Cette relecture des politiques économiques et budgétaires donne une équation simple : d’un côté, un État Providence ; de l’autre, des entreprises pénalisées et en perte de compétitivité faute de baisse de charges.
Occasions manquées et imperfections
Ses détracteurs pourront reprocher à Frédéric Duval son statut au Medef, mais il s’en détache et assume. En tant que citoyen, il cherche à comprendre. En pédagogue, il fait preuve de bon sens dans sa démonstration, chiffres et documents à l’appui, rapport Gallois en tête. Sa comparaison des comptes d’une entreprise industrielle française avec son homologue allemande en dit long sur nos handicaps. L’écart de performance est édifiant, du simple à plus du double. De gauche comme de droite, nos gouvernants en prennent pour leur grade. Frédéric Duval ne veut pas assassiner untel ou untel. Mais que d’occasions manquées et de lois imparfaites, selon lui, pour redresser le pays ! Son livre peut d’ailleurs aider les responsables politiques, actuels et futurs, dans une Europe qu’il juge non aboutie. Tout comme des mesures comme le CICE, « à transformer en baisse de charges ». Ce qui « sauve » aujourd’hui des États européens comme la France de difficultés graves, ce sont les taux d’intérêt faibles et la perfusion de la BCE. Au fil des pages, le lecteur électeur se demande si on ne va pas vers une faillite organisée de l’État. Avec un taux d’endettement public record, à 96,1 % du PIB pour 2016, l’issue est connue. Seule incertitude : quand éclatera cette bombe à retardement pour les générations futures si rien n'est fait ? Quant à savoir si la France peut se réformer, Frédéric Duval, pas ultralibéraliste non plus, répond sans ambages : « Elle devra le faire » ; « les solutions techniques existent ». Nos pays voisins les ont trouvées. Et l’auteur, qui pourrait prétendre au poste de futur ministre du Budget, de lancer l’invitation : « Reprenons-nous ! »