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Georges Lingenheld (Club ETI Grand Est) : "Nous voulons créer un écosystème favorable aux ETI dans le Grand Est"
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Georges Lingenheld président du Club ETI Grand Est "Nous voulons créer un écosystème favorable aux ETI dans le Grand Est"

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Le club des ETI du Grand Est vient de signer avec la Région l’ETI Act, devant bâtir les conditions d’un "écosystème favorable" aux entreprises de taille intermédiaire. Georges Lingenheld, le président du club des ETI, revient sur les enjeux de ce partenariat.

Georges Lingenheld est le président du Club ETI Grand Est — Photo : Lucie Dupin

Réunissant 78 entreprises de taille intermédiaire, qui emploient 100 000 salariés, le Club des ETI du Grand Est que vous présidez, vient de signer un "ETI Act" avec le conseil régional du Grand Est. Quel est l’enjeu de cet accord ?

En France, les ETI ont toujours été assez discrètes. Elles sont ancrées dans les territoires mais n’ont pas les mêmes moyens et pas les mêmes capacités d’influence que les grandes entreprises. C’est la raison pour laquelle, dès 2018 (date de la création du club des ETI du Grand Est, NDLR), nous avons voulu être proches des conseils régionaux qui ont la compétence économique afin de créer un écosystème favorable aux ETI. Nous avons de vrais sujets de collaboration, repris dans cet ETI Act, au premier titre desquels le recrutement, la formation, la sauvegarde de certaines filières. Nous devons faire connaître nos métiers, comme le fait par exemple Axon Cable auprès des collégiens, et intensifier les journées portes ouvertes auprès des scolaires en partenariat avec les établissements. L’accompagnement des PME en croissance (le Club s’est fixé pour objectif de rassembler 100 ETI dont 20 PME en croissance d’ici fin 2026, NDLR), la transformation des ETI autour des enjeux digitaux, environnementaux et de la RSE sont des préoccupations. L’objectif est de faire remonter auprès de la Région les problématiques du terrain et de faire connaître les dispositifs régionaux auprès de nos membres. Sur tous ces sujets, la Région est un trait d’union entre l’entreprise et les services de l’Etat. Elle constitue aussi un appui face à l’administration pour faire avancer nos dossiers d’extensions, de créations d’entreprises.

Qu’attendez-vous de cet écosystème favorable aux ETI dans le cadre de ce protocole avec la Région ?

Du soutien. Notamment sur la question des obstacles réglementaires. Dans le Grand Est, nous avons de l’industrie, peut-être pas assez… Il faut faciliter les implantations et les extensions d’entreprises.

Il ne s’agit pas seulement de dérouler le tapis aux firmes étrangères qui s’implantent. Il faut aussi faciliter la tâche aux entreprises déjà présentes sur le territoire. En France, un projet d’extension ou d’implantation met 4 à 6 ans à aboutir. À Berlin, Tesla a mis deux ans à sortir de terre…

Différentes études évaluent l’impact normatif et réglementaire à 3 à 4 % du PIB en France. Il faut maintenir l’activité dans les territoires et ne pas écœurer les entrepreneurs. Les entreprises n’ont pas besoin d’aides, elles ont surtout besoin d’air.

Nous avons aussi un travail à faire avec les communautés de communes qui sont un maillon décisif dans l’aboutissement de nos projets.

Craignez-vous que les ETI fassent les frais de la réduction des déficits publics ?

Nous avons, avec le Meti (Mouvement des Entreprises de Taille Intermédiaire), travaillé sur les impôts de production qui ont quand même été abaissés de deux milliards. Le mouvement devait se poursuivre, il y a de fortes chances pour que ça tombe à l’eau. Si nous devons participer à l’effort collectif, nous le ferons car nous sommes responsables. Mais nous souhaitons tous participer à égalité : que les multinationales payent au moins sur le résultat qu’elles font en France.

Nous avons un autre sujet dans les ETI, relatifs aux successions. La loi Dutreil va certainement être passée au crible or il nous faut nous aligner sur ce que font les Allemands, les Espagnols ou les Italiens… De manière générale, il faut que tout le monde soit traité de la même manière, nous travaillons avec le Meti pour obtenir des standards européens au niveau social et fiscal.

Comment évaluez-vous le repli des projets et des investissements dans le Grand Est ?

D’après le Meti, les investissements des ETI sont en recul de 12 % en 2024. Mais les chiffres nationaux ont été dopés par l’effet JO et Paris, je dirais que dans le Grand Est les chiffres sont légèrement plus dégradés. Les projets sont reportés. Pour 2025 et 2026, on est dans l’attentisme. Mais je veux rester optimiste. On n’est pas dans la période la plus favorable par rapport à ce qu’on a connu, mais on n’a pas besoin non plus besoin d’euphorie.

Grand Est # BTP # Industrie # Conjoncture # ETI # Collectivités territoriales