Françoise Bosman, directrice des Archives nationales du monde du travail, à Roubaix, présente cette institution peu connue qui regroupe des fonds d'archives liés au monde économique et social.
Pourquoi les Archives nationales du monde du travail ont-elles élu domicile à Roubaix?
Nos bâtiments ont été inaugurés à Roubaix en 1993 dans les anciens locaux de la filature Motte-Bossut qui a fermé ses portes en 1981. La réutilisation de cet immense site industriel situé au coeur de la ville s'est faite sous l'impulsion de Pierre Mauroy alors Premier ministre.
En quoi consiste votre travail?
Nous collectons, expertisons et conservons gratuitement les archives privées d'entreprises ou d'organismes représentant un intérêt historique. Au total, 37km (sur 50) d'archives sont conservés ici, 60% d'entre elles sont disponibles en lecture sous forme d'inventaires qui résument leur contenu. Une centaine de fiches est disponible sur internet. En juin, la dernière fournée d'inventaires a été mise en ligne.
Quel type d'archives possédez-vous?
En 1949, lorsque Charles Braibant, alors directeur général des archives de France décide de créer un service des archives privées, la collecte se fait principalement auprès des banques, des mines ou encore des chemins de fer. Aujourd'hui cela s'est étendu aux filatures, aux chantiers navals. Des PME nous confient également leurs archives. Elles représentent 20% de ce que nous possédons. Parmi les dernières archives récupérées, il y a celles des Charbonnages de France lors de leur dissolution fin 2007. Nous avons récupéré les fonds depuis 1841. Parmi les archives liées à l'exploitation du charbon, nous possédons aussi celles de Metaleurop Nord et des Houillères.
Quels sont actuellement vos projets de collecte?
L'objectif est de diversifier le type de fonds. Nous nous intéressons aux fonds de la sidérurgie française dont une partie est rassemblée à Gandrange ou aux archives des avocats aux affaires familiales. Les fonds sur les maladies professionnelles nous intéressent aussi. Il est important de couvrir de nombreux secteurs car les archives liées au monde du travail sont un reflet des évolutions de nos modes de vie.
Effectif : 20 personnes. Budget : 700.000€. Tél.: 03.20.65.38.00.