Racontez-nous le chemin qui vous a conduit à ce poste... Les métiers de la fonction RH nécessitent ouverture et créativité. C'est exactement ce que je cherchais à l'issue de mes études de droit. J'ai complété mon cursus par un 3e cycle RH à l'Institut de gestion de Rennes (IGR). Je dois ma première expérience professionnelle à deux DRH, Claude Boennec et Pierre Lajarrige, que j'ai assisté dans la transformation des sites rennais de Thomson Broadcast System et Thomson Multimedia. Puis, après 4 ans de relations sociales au sein du groupe Samsic, j'ai intégré AES. Durant plus de 7 ans, j'ai accompagné son développement en France et à l'étranger (Europe et Amérique du Nord). Il a fallu concilier création de la fonction RH et forte augmentation des effectifs (200 personnes en 2006 vs 600 en 2011). Dans une PME en forte croissance, priorité était donnée au commercial et à la production. Or, avec l'appui du P-dg Alain Le Roch, la RH est devenue un levier de développement.
Quelles sont vos convictions en matière de RH ?
La RH n'est pas une affaire de procédure mais une affaire d'hommes et de femmes. Il est impossible de tout prévoir, les mêmes causes ne produisent pas toujours les mêmes effets. C'est toute la richesse de notre métier. Il faut toujours rester en contact avec le terrain, être ouvert et aimer s'intéresser aux autres. Le DRH a encore trop souvent l'image de celui qui licencie. La majeure partie de notre temps est consacrée à faire que le salarié soit dans les meilleures conditions pour effectuer son travail. Cela passe notamment par la formation, la gestion des compétences, l'évolution des carrières, ou la résolution de conflits personnels ou collectifs.
De quoi êtes-vous le plus fier dans votre gestion des RH ?
Ce dont je suis le plus fier au sein d'AES, c'est d'avoir fait passer la RH du stade de lourdeur administrative à levier indispensable au développement. En trouvant les bonnes personnes, en les formant et en les fidélisant, nous produisons mieux et nous vendons mieux. La RH participe donc indirectement à la satisfaction du client final. Par ailleurs, en 2010, nous avons mis en place une convention Agefiph, plus participative qu'un simple accord, pour l'insertion et le maintien en poste des personnes en situation de handicap. Après 3 ans de pratique, nous sommes passés d'un taux d'emploi d'1,87 à 5,15 %. Je suis très fier de la réaction des salariés et des managers. Tout le monde s'est investi, au-delà de nos espérances !
Qu'est-ce qui aujourd'hui est le plus difficile au plan humain dans votre quotidien ?
C'est d'être parfois confronté à des situations personnelles difficiles de nos salariés sans pouvoir directement les aider. En effet, nous ne pouvons pas entrer dans leur vie privée.
Quels défis doit relever l'entreprise pour avoir des salariés durablement motivés ?
Le plus important est déjà de partager un projet commun et des valeurs communes. Le projet commun naît d'une stratégie claire et communiquée. À l'inverse, les valeurs communes ne se décrètent pas. Il faut aussi donner de la visibilité à chaque salarié pour qu'il puisse se projeter dans son évolution professionnelle. Les aspects de statut, salaire, titre, classification ne sont finalement que secondaires dans la motivation. Personne ne vient motivé au travail uniquement pour l'argent.
Quelles sont vos difficultés en matière de RH ?
En matière de recrutement, nous sommes confrontés à la difficulté du marché de l'emploi sur certaines fonctions (notamment techniciens de maintenance et électrotechniciens), mais globalement nous rencontrons assez peu de difficultés.
Géry Bertrande
DRH d'AES Chemunex - bioMérieux, à Bruz, et président de l'ANDRH Bretagne Est, François Gougeon inaugure notre nouvelle rubrique dédiée aux convictions RH.