François Bayrou tente de rassurer les patrons
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François Bayrou tente de rassurer les patrons

Le Premier ministre intervenait jeudi 28 août après-midi devant les adhérents du Medef réunis en université d’été au stade Roland Garros à Paris. Il a rappelé la nécessité de partager l’effort de redressement des dépenses publiques dans un souci de cohésion nationale.

François Bayrou a pris la parole devant les adhérents du Medef réunis en université d’été au stade Roland Garros à Paris — Photo : DR

Le rendez-vous était attendu avec impatience par les milliers de participants de l’Université d’été du Medef réunis depuis mercredi 27 août au stade Roland Garros à Paris. Le Premier ministre François Bayrou a pris la parole en début d’après-midi devant un public très nombreux de dirigeants d’entreprises soucieux d’être rassurés, comme l’a indiqué Patrick Martin, le président du Medef, en accueillant son hôte. François Bayrou a-t-il convaincu son auditoire ? Rien n’est moins sûr à en juger par les remarques de certains chefs d’entreprise au sortir d’une intervention jugée longue et peu précise.

Crispation patronale

Une déception qui s’explique sans conteste par le degré de crispation des adhérents du Medef qui temporisent aujourd’hui sur les décisions d’investissement ou d’embauche dans l’attente de savoir ce qui les attend, constate Patrick Martin. Le patron des patrons ne cachait pas d’ailleurs quelques minutes après l’intervention du Premier ministre, que ses ouailles attendaient à nouveau d’être rassurés par les propos de l’aréopage politique attendu en fin de journée.

La Rencontre des entrepreneurs de France (REF) devait en effet conclure son rendez-vous annuel par une table ronde réunissant pour la première fois à la REF quelques-uns des responsables des principaux partis politiques : Bruno Retailleau, ministre de l’Intérieur, président des Républicains ; Jordan Bardella, président du Rassemblement national ; Gabriel Attal, secrétaire général de Renaissance ; Fabien Roussel, secrétaire national du Parti communiste français ; Manuel Bompard, coordinateur de La France insoumise et Marine Tondelier, secrétaire nationale Les Écologistes – Europe, Écologie, les Verts.

"La question n’est pas de savoir qui va gouverner le bateau, mais si le bateau arrivera à bon port"

Qu’a dit le Premier ministre aux entrepreneurs de France ? Que ce pays a de nombreux atouts menacés par la dérive de nos comptes publics. François Bayrou a répété les arguments qu’il déroule depuis quelques jours de studio de radio en plateau de télévision, pointant l’intérêt national de reconquête du génie français. Les entreprises sont selon lui un des rouages essentiels de cette bataille dès lors que la prise de conscience de l’urgence des actions à mener pour le redressement des dépenses publiques sera largement partagée. "La question n’est pas de savoir qui va gouverner le bateau, mais si le bateau arrivera à bon port" a insisté le Premier ministre en faisant rimer cohésion de la nation avec sacrifices à venir et impératif de justice.

Appel à l’effort

"Nous devons tous consentir à des efforts importants, mais supportables pour freiner nos dépenses", a insisté le chef du gouvernement en invitant son auditoire à regarder ce qui s’est fait dans d’autres pays voisins. Se voulant rassurant pour les patrons qui l’écoutaient, il a appelé de ses vœux un nouvel équilibre dans les relations entre l’État et les entreprises – moins d’aides contre un allègement des règles – en insistant sur le fait que toutes les mesures budgétaires présentées en juillet étaient discutables "à condition qu’il n’y ait pas de remise en cause de l’effort nécessaire".

En conclusion, François Bayrou a estimé qu’il fallait "garantir que les Français les plus favorisés vont participer à l’effort national à la juste mesure de leur capacité", en soulignant toutefois qu’il ne fallait pas toucher à l’outil de travail. "Tout ce qui amoindrit le redressement productif et le détourne de notre pays, tout ce qui pousserait au déplacement des investisseurs, nous devons le considérer comme un risque, a estimé le Premier ministre. Mais nous devons aussi considérer comme un risque un certain nombre de dispositifs d’évasion fiscale, d’optimisation multipliée." De quoi rassurer les adhérents du Medef ? Pas sûr.

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