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Framafer se projette sur une réduction de 40 % de ses émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2030
Moselle # Ferroviaire # Transition énergétique

Framafer se projette sur une réduction de 40 % de ses émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2030

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Opérant dans la construction et la maintenance d’engins d’entretien des voies de chemin de fer depuis Bening-lès-Saint-Avold en Moselle, Framafer vient de s’engager dans un programme visant à décarboner son activité.

Les engins de maintenance de Framafer permettent notamment de garantir des voies parfaitement planes — Photo : Framafer

Pour le président du directoire de Framafer, Laurent Tétar, le plan est "ambitieux" mais "atteignable". Basée Bening-lès-Saint-Avold en Moselle, opérant dans la construction et la maintenance d’engins d’entretien des voies de chemin de fer, la PME veut réduire de 40 % ses émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2030. Filiale à 100 % du groupe autrichien Plasser et Theurer, Framafer pèse 55 millions d’euros de chiffre d’affaires et emploie 170 salariés, dans un secteur porté par le renouveau du ferroviaire.

La moitié des émissions dans le scope 3

"Nous avons réalisé notre premier bilan carbone sur l’exercice 2023. Il révèle que les émissions liées à notre activité sont de 12 730 tonnes de CO2", dévoile Laurent Tétar. Accompagnés SNCF, Bpifrance et le cabinet de conseil en RSE parisien R3, les dirigeants de Framafer ont bâti un plan ciblant essentiellement le scope 3, soit les émissions indirectes de l’entreprise. Dans le cas de la PME mosellane, ces émissions sont liées à l’utilisation des machines d’entretien des voies : "Le scope 3 pèse plus de la moitié de nos émissions", détaille le président du directoire de Framafer.

La PME mosellane dispose actuellement de 12 000 m2 d’ateliers — Photo : Framafer

La piste du HVO pour limiter l’usage du gasoil

Pour atteindre l’objectif, le premier levier vise à remplacer le gasoil non routier dans les machines par du HVO, pour Hydrotreated Vegetable Oil, un carburant produit à base d’huile végétale. "D’ici à 2030, 80 % de nos machines devront utiliser ce carburant", souligne Laurent Tétar. Autre piste, "la mise en place d’un contrat pour des machines électriques ou hybrides avec la SNCF", révèle Laurent Tétar. La signature de ce contrat devrait permettre à Framafer de mettre en service 20 % d’engins électriques ou hybrides.

"L’objectif, c’est de proposer le rétrofit comme alternative à l’achat d’engins neufs"

"Ces deux actions nous permettent de nous projeter sur une réduction de nos émissions de gaz à effet de serre de l’ordre de 40 %", estime Laurent Tétar. Proposant déjà la reprise d’anciennes machines pour les rénover, l’équipe de Framafer veut aujourd’hui aller plus loin dans cette stratégie : "L’objectif, c’est de proposer le rétrofit comme alternative à l’achat d’engins neufs", dévoile Laurent Tétar.

"En remplaçant uniquement les composants nécessaires tout en intégrant des technologies innovantes, cela nous permet d’améliorer les performances de l’engin, de réduire les coûts, les délais et également l’impact environnemental", ajoute-t-il.

Limiter les déplacements sur de longues distances

Autre piste de travail, le développement d’un réseau de techniciens après-vente délocalisés et autonomes. "Étant basé en Moselle, quand il s’agit d’intervenir dans la région de Bordeaux, ce n’est pas idéal. Notre objectif est de diminuer ces trajets longues distances", explique Laurent Tétar. D’ici à 5 ans, Framafer veut arriver à réduire de 30 % les déplacements entre régions. "Évidemment, pour les grosses opérations de révision, qui nécessitent des moyens industriels, notamment de levage, ces opérations ne peuvent pas être réalisées sur le terrain", précise le président du directoire de Framafer.

La filiale du groupe autrichien Plasser et Theurer opère depuis Bening-lès-Saint-Avold en Moselle — Photo : Framafer

Vers la production d’énergie électrique

Le dirigeant entend aussi agir sur les scopes 1 et 2, soit les émissions directes de l’entreprise : outre l’adoption de véhicules de fonction hybrides, Framafer va aussi démarrer en 2026 la construction d’un nouvel atelier de révision, sur une friche SNCF de 6 hectares, atelier "pour lequel nous allons profiter de l’occasion pour développer de l’énergie photovoltaïque", souligne le dirigeant de Framafer. Un investissement de l’ordre de 10 millions d’euros, qui doit permettre à la PME de compléter ses 12 000 m2 d’ateliers. "Le jour où nous serons amenés à rénover la toiture de l’atelier existant, nous en profiterons pour installer des panneaux photovoltaïques", précise Laurent Tétar, qui souhaite rester discret sur les montants globaux injectés dans le plan de décarbonation. "Nous nous appuyons sur toutes les solutions développées par le groupe, notamment en ce qui concerne les engins électriques et hybrides", ajoute encore Laurent Tétar.

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