Exprimant leur «plus vive inquiétude quant aux propositions d'évolution de la carte des formations», l'UIMM Bretagne (Thierry Troesch), le Medef Bretagne (Patrick Caré) et le GFI Bretagne (Frédéric Lescure) viennent d'écrire au ministre de l'Éducation nationale Luc Chatel. Les trois présidents d'organisations soulignent en effet que, pour la rentrée 2010, «dix formations techniques industrielles sont menacées de fermeture compte tenu des effectifs.» Une décision qui passe d'autant plus mal que, dans le même temps, des formations tournées vers le social (soins infirmiers, kinés, arts du cirque, styliste visagiste...) seront, elles, ouvertes. Relevant au passage que ces formations ?sociales? proposent des «débouchés professionnels aléatoires», les signataires indiquent que se pose la «question même du maintien d'une offre de formation industrielle sous statut scolaire». Et de rappeler qu'en tant que cinquième région industrielle française, la Bretagne résiste plutôt mieux qu'ailleurs à la crise économique, grâce notamment à l'offre de formation professionnelle de ses jeunes.
«Risque de désertification»
Dans leur courrier, l'UIMM, le Medef et le GFI estiment ainsi que «nous sommes face à un réel risque de désertification en matière d'offre de formations techniques industrielles dans certains métiers en Bretagne!» Parmi eux, l'outillage, la production-mécanique, l'usinage, l'automatisme, la construction navale ou encore la chaudronnerie. «Pour toutes ces raisons, nous demandons un moratoire concernant la carte des formations industrielles», poursuivent-ils, en attendant la mise en oeuvre des propositions des États Généraux de l'industrie pour redresser le secteur. Selon nos informations, un rendez-vous avec le recteur d'académie de Rennes est calé pour début avril.
La carte de rentrée 2010 des formations industrielles dans les lycées publics bretons inquiète les organisations patronales. En Bretagne, l'UIMM, le Medef et le GFI écrivent une lettre ouverte au ministre de l'Éducation nationale.