Forécreu fait ses emplettes outre-Atlantique. Implanté dans l’Allier depuis 1952, ce spécialiste des barres à trous pour l’orthopédie, l’outillage ou le nucléaire, vient d’acquérir un autre acteur de poids du secteur, l’américain Grover Precision.
Cette société, installée à Oxford dans le Maine, possède une usine d’une cinquantaine de salariés. Le rachat, dont le montant n’a pas été communiqué, a été finalisé fin février après plus d’un an de discussions et de procédures, notamment auprès des autorités américaines, Grover Precision travaillant notamment pour des programmes gouvernementaux de Défense.
Concurrents mais complémentaires
Forécreu, qui exporte aujourd’hui 90 % de sa production dans plus d’une cinquantaine de pays dans le monde, a choisi tout naturellement les États-Unis pour cette opération de croissance externe. La PME d’une centaine de salariés y réalise la moitié de son chiffre d’affaires (21 M€ au total l’an dernier). Elle compte déjà une filiale dans le pays, mais uniquement dédiée au stockage et à la distribution.
"Ils ont développé des technologies novatrices que nous pourrons dupliquer dans l'Allier dans les prochains mois"
"Nos activités sont en concurrence avec Grover Precision sur seulement un tiers de notre production, ce qui veut dire que nous serons complémentaires. Ils ont, par exemple, des compétences sur les barres creuses ou en mécanique que nous n’avons pas. Ils ont aussi développé des technologies novatrices que nous pourrons dupliquer dans l’Allier dans les prochains mois", détaille le PDG de Forécreu, François Ory. Ce qui devrait permettre à l’entreprise d’étendre son offre.
À l’inverse, Grover Precision ne fabrique pas de produits implantables dans le corps humain, notamment pour fixer les fractures en traumatologie alors que c’est l’une des spécialités de Forécreu. "Nous pourrons ainsi utiliser leur réseau pour vendre nos solutions fabriquées dans l’Allier. Cela ne devrait rien changer à nos exportations, au contraire cela devrait renforcer notre activité française", assure le dirigeant.
Forte croissance attendue
Grâce à ces nombreuses interconnexions, l’entreprise de métallurgie vise une croissance annuelle de 12 à 15 %. "Avec ce rachat, l’idée est de faire grandir l’entreprise et de dépasser les 50 millions d’euros de chiffre d’affaires à horizon 2030", poursuit François Ory.
"Cette nouvelle capacité de production aux États-Unis permet aussi de résoudre les problèmes d'agilité et de vitesse d'exécution"
Outre ces synergies, d’autres éléments ont pesé dans la balance. Comme les droits de douane envisagés par le nouveau président américain Donald Trump ou encore les conditions de production dans l’Hexagone. "Nous avons des sujets autour du coût du travail ou de l’absentéisme en France. Florent Menegaux (PDG de Michelin, NDLR) l’a très bien expliqué lors de son audition au Sénat. Cette nouvelle capacité de production aux États-Unis permet aussi de résoudre les problèmes d’agilité et de vitesse d’exécution", souligne le PDG de Forécreu.
Restent désormais plusieurs challenges "notamment d’intégration et d’alignement stratégique" pour que Forécreu passe définitivement dans une autre dimension. Une douzaine de personnes devraient être embauchées dans le Maine cette année.