Atypique le FC Lorient. Le quotidien du seul club morbihannais évoluant en Ligue 1 est bien loin des strass et paillettes des grosses "écuries" du championnat.
Bon élève de la Ligue 1
En terres lorientaises, le FCL est une PME comme les autres ou presque « Notre budget est de 35 M€. Il est stable par rapport à la saison passée », détaille Arnaud Tanguy, directeur général du FC Lorient. Et d'ajouter « qu'à part l'an passé où le résultat net est légèrement négatif, le club est le seul à avoir eu des résultats positifs sur quatre exercices ». Une gestion scrupuleuse derrière laquelle il faut voir la touche Féry. Le président du FCL est arrivé aux commandes depuis 2009. Il est aussi l'actionnaire majoritaire de la structure. Homme d'affaires à Londres, il est également le P-dg de Chenavari Financial Group, un groupe notamment spécialisé sur les marchés de crédit. Voulant tourner le dos aux années 1980 - 1990 où le club a frôlé la banqueroute, Loïc Féry a été précurseur en Ligue 1.
Salaires et performances
La rémunération de ses joueurs est indexée aux performances sportives. « Selon leurs statuts, les joueurs peuvent doubler ou tripler leurs salaires en cas de bons résultats », atteste Arnaud Tanguy. Ce mode de rémunération est aujourd'hui repris dans d'autres clubs. Pour Loïc Féry, rien de plus normal : « Ce système évolue chaque année : étant donné la baisse des droits TV, le salaire fixe moyen doit encore baisser fortement en Ligue 1 ». À l'échelle du club lorientais, 2/3 des revenus sont générés par les droits télé. Le dernier tiers est abondé par les sponsors, la billetterie, le merchandising, l'événementiel.
Nouveaux partenaires
Pour cette saison 2014 - 2015, à l'image d'un mercato, le club a vu se renouveler le cercle de ses sponsors majeurs. Après le départ de Christian Gourcuff, l'emblématique entraîneur du club, Jean-Guy Le Floc'h, P-dg d'Armor Lux, a choisi de se désengager. Le FCL enregistre donc l'arrivée de l'équipementier Adidas. Le groupe agroalimentaire Jean Floc'h et l'expert du développement des ventes Virage Conseil arrivent aux côtés des partenaires historiques.
1,2 M€ de taxes locales
Côté retombées, le FCL est aussi et surtout une vraie locomotive. Outre ses 120 salariés, elle gère des retombées locales de façon directe et indirecte. Le club verse ainsi plus de 1,2 M€ de taxes locales dont le loyer du stade du Moustoir. L'enceinte peut accueillir jusqu'à 18.000 personnes. L'an passé, la fréquentation moyenne a atteint 15.000 spectateurs dont les 8.500 abonnés. « Lors des matchs, nous employons entre 400 et 450 personnes pour tous les services. Situé en centre-ville, le stade génère des retombées économiques pour les restaurants et bars », soulignent Sébastien Pensivy, responsable commercial et Thierry Hubac, directeur de la communication. À cela s'ajoutent également les dépenses du club auprès de fournisseurs : une moyenne de 7 M€ est avancée.
10 M€ pour l'espace FCL
L'an passé, le club lorientais s'est mis dans la peau d'un investisseur. Pour préparer au mieux son avenir sportif, il a construit l'espace FCL. Un investissement de 10 M€. Basé à Ploemeur, ce lieu accueille le siège social, les services administratifs et le centre de formation. L'espace FCL est également ouvert aux entreprises. Doté d'un auditorium et de nombreuses espaces, il accueille des séminaires et autres incentives. L'an passé, 80 événements d'entreprise y ont eu lieu. La barre des 100 devrait être dépassée cette année. Club de football avant tout, le FCL vise une place dans le premier tiers du championnat. « L'objectif est de travailler dans la sérénité pour des résultats sportifs en ligne avec notre budget. Le fait que le FC Lorient se soit ancré dans le Top 10 de la Ligue 1 n'est pas neutre. Nous souhaitons y rester », avance Loïc Féry.
Le dossier de la 4e tribune
Un oeil sur le terrain et un autre vers les tribunes. Le dirigeant veut que la quatrième tribune lorientaise soit rénovée. Une demande qui, l'an passé, avait crispé les relations avec la ville, propriétaire du stade ; Loïc Féry menaçant même de construire un stade en périphérie. Depuis la situation semble apaisée. « Il est vital pour la compétitivité du FC Lorient au plus haut niveau d'évoluer dans un stade moderne. Les collectivités locales ont lancé un programme d'étude pour réaliser le projet "Moustoir" à l'horizon 2017. Le temps politique est lent, mais je garde bon espoir que nous y arrivions dans les temps, en travaillant étroitement avec la mairie et la communauté d'agglomération ».
Le FC Lorient entame sa neuvième saison consécutive en Ligue 1 Le club est aussi une des locomotives de l'économie locale avec pas moins de 7 M€ de dépenses directes.